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 Le tueur

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krukru

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Féminin Nombre de messages : 74
Age : 25
Localisation : Dans mon monde
Livre coup de coeur : Tous les Coelho
Date d'inscription : 14/05/2008

MessageSujet: Le tueur   Mer 22 Juil - 13:50

Et voilà une petite idée qui m'est pzssée par la tête, mise sur le papier en quelques minutes. Wink

J’ai peur soudain. Une peur panique qui m’envahit, s’insinue dans chacune de mes veines, me hurlant de ne surtout pas rester là, près de lui. Rien n’indique pourtant qu’il me veut du mal. Seulement ce sentiment, cette sensation de danger, de menace qui flotte autour de moi dans l’atmosphère confinée de l’abri du maître nageur de la piscine municipale de mon village. Je sursaute violemment lorsque la porte se referme sur lui. Il vaporise un spray qui pique terriblement sur la piqure que je suis venue faire soigner. Il me regarde. Du moins, je le pense, car je ne vois pas ses yeux, dissimulés derrière les lunettes de soleil. Je n’ai en réalité, jamais vu ses yeux. Seulement la sensation de son regard sur moi et son sourire éclatant. Qui à chaque fois, à l’instant où je tourne la tête pour continuer ma route, lance un éclair menaçant. Et tous les jours je me suis traitée de folle, à l’imagination trop fertile. Pourtant, à présent, ce même sourire étire à nouveau ses lèvres, et aucune chaleur humaine n’en émane. Je donnerais n’importe quoi pour qu’il retire enfin ses lunettes. Voir ses yeux. Il se glisse derrière moi et pose ses mains sur mes épaules dans une ébauche de massage avant de les faire remonter lentement vers ma gorge. Je ne bouge plus, je crois bien que je ne respire plus. Assise, je réfléchis. Je n’ignore pas qu’il est fort, grand, et surtout qu’il me croit frêle, fragile, et trop terrorisée pour parvenir encore à penser. C’est cela ma force. L’ignorance de ma volonté à vivre. Il glisse une de ses mains dans mon maillot et je me raidis, me faisant violence pour ne pas hurler et me débattre haineusement car ma seule chance ici, j’en ai bien conscience, c’est de rester maîtresse de moi le plus possible. Il ne veut pas juste me violer, non. Il veut s’amuser avec moi. Je le sens à la pression de ses doigts qui varie autour de mon cou. Alors d’un coup sec, j’envoie mon coude dans son bas-ventre et il se plie en deux. La douleur n’est pourtant pas assez forte pour qu’il me lâche totalement, car une de ses mains est restée accrochée à moi et serre à présent. Pas assez cependant pour m’étouffer. Mon poing l’atteint à la tempe et je plante mes dents dans son avant bras jusqu’à avoir un gout de sang dans la bouche. Il dérape sur le carrelage humide et s’effondre, m’entraînant dans sa chute. La douleur éclate dans mon genou lorsque je touche le sol, et presqu’aussitôt, elle fuse dans ma bouche lorsqu’il m’administre une gifle monumentale. Je finis de m’étaler et ne bouge plus, tentant de calmer les battements de mon cœur qui s’emballe, sentant le sang glisser sur mon menton. Mon corps tout entier est parcouru de tremblements. Le répit est de courte durée hélas, car il me soulève déjà par les cheveux, et j’ai l’impression que c’est tout mon cuir chevelu qui va se décoller de mon crâne. Je me tortille, tente de me retourner pour lui faire face, mais il me maîtrise sans problème. Quarante cinq petits kilos, face à un mètre quatre vingt-dix de muscles. Il me plaque contre le mur de ciment brut et je sens la surface râpeuse égratigner mon dos. Les larmes roulent sur mes joues, et en les ouvrants je plonge dans ses yeux, enfin. Des yeux bruns, simples, mais animés de toute la haine du monde. Alors je le supplie dans un murmure étranglé :
-S’il-vous-plait...Pitié…
Il sourit à nouveau, car j’ai repris mon rôle de victime et c’est cela qu’il veut.
-Tu veux vivre ? Supplie-moi, ricane-t-il, satisfait de mes gémissements.
-Laissez moi partir s’il-vous plait, je peux plus respirer, m’étranglais-je en portant ma bain à son bras qui me maintient contre le mur, presque en suspension.
Il me relâche d’un coup et je m’écroule, les jambes trop tremblantes pour me porter, tentant de reprendre des forces. Je continue à murmurer des « Pitié » comme une litanie, pour le leurrer. Il me croit faible. Peu à peu, ma rage revient et mes tremblements se calment et c’est là que joignant mes mains, je lui expédie un coup de poing dans le bas-ventre, avant de me redresser en le frappant au menton au passage. Je n’ai que quelque secondes pour agir car je ne suis pas assez forte pour l’assommer alors je le saisis par les cheveux et le projette contre le mur. D’un bond je suis à la porte qui par miracle s’ouvre. Toujours cette foi en ma faiblesse qui lui a fait commettre des erreurs grossières. Les lourdes portes d’entrées de la piscine sont fermées mais je ne peux pas prendre le risque de m’assurer qu’elles sont verrouillées. Si c’est le cas, je n’aurais pas le temps de repartir en sens inverse, alors je bifurque à droite vers les vestiaires. Je sais qu’il y a un portillon bas, seul endroit qui n’est pas surmonté d’un grillage et m’y précipite. Je l’entends déjà qui se relève et qui passe la douche au bruit d’eau qui clapote sous ses pieds. Au moment où je vais enjamber, sa main se resserre autour de ma jambe et je m’écroule en m’éclatant la pommette sur la barre en acier mais reste en appui dessus, à la force des bras en remerciant intérieurement toutes ses heures d’acrosport passées la tête en bas à faire l’homme droit. Un coup de pied à l’aveuglette rencontre le vide. Je recommence, hurlant pour me donner la force de ne pas lâcher la porte et cette fois, je sens des os craquer sous mon talon. Sa prise s’allège et je me hisse. Au dernier moment, avant de sauter, je fais basculer sur son dos, la rangée d’étagère en fer, puis atterris dans l’herbe sèche où les épines s’enfoncent dans ma voute plantaire. Et là je cours. Je ne tremble plus mais je pleure, et j’essaie de me calmer car je sens arriver une crise d’angoisse qui me fera suffoquer, m’empêchant de courir. Je ne veux pas me retourner pour savoir s’il me suit, je veux seulement m’éloigner. J’arrive en vue des premières maisons du camp de vacances et m’effondre dans les bras du premier père de famille venu. Je me retourne : il n’est plus là. Alors enfin, j’éclate en sanglots hystériques en tombant à genoux.
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Asahi
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MessageSujet: Re: Le tueur   Sam 1 Aoû - 18:52

Waw ! Dis moi, c'ets violent ton histoire. Je te dirais bien d'aller te faire suivre car tes pensées sont assez sombres.
Mais bon, en dehors de cela, je trouve que les émotions principales sont bien passées. La seule chose est que dans ce genre de scénario, il est très dur d'être original. Plein de détails font 'déjà vu'. Mais bon, je te comprends quand tu dis que quand tu penses à quelque chose, tu écris.
J'aime lire des choses comme celle là de temps en temps.

Merci.

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Asahi

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Le tueur
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