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 Lorsque nous écoutions le vent chanter

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Morgane

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MessageSujet: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Dim 16 Nov - 21:21

Voilà un petit roman que j'ai commencé il n'y a pas longtemps, j'ai eu l'idée grâce à un manga (Full Metal Alchemist si il y a des connaisseurs). C'est l'histoire de deux frères qui, après avoir perdu leur famille et avoir été séparés, tentent de se retrouver.
Je ne sais pas jusqu'où ça va aller, mais ça vaut le coup de tenter l'expérience ^^



Introduction


Lorsque nous allions dans la maison de grand-père, il y a dix ans, nous partions souvent dans les bois, chasser les écureuils, ou manger des baies sauvages. C'était comme ça tous les week-end ou presque. Grand-mère nous accueillait toujours avec un tas de gâteaux qui sortaient tout chaud du four, avec son grand sourire édenté et son fichu sur la tête. Nous accourions auprès d'elle et lui demandions de nous raconter une histoire pendant que nous mangions ses mets fabuleux. Elle nous parlait alors de pirates, de princes et de princesses, de monstres terrifiants ; c'en était toujours des différentes, chaque semaine. Grand-père nous montrait comment fabriquer des avions en papier et des bateaux en carton que nous lâchions dans la rivière un peu plus bas. Il aimait beaucoup chanter des chansons paillardes avec son vieil accordéon, ce qui énervait maman, mais nous ne comprenions pas tout ce qui était dit dans ces chansons.
Papa et maman nous laissaient très souvent une bonne semaine quand il n’y avait pas école, ils disaient que ça leur faisait des vacances. Tant que nous étions loin de la civilisation, ça nous était égal, c’était seulement un univers bizarre où on pouvait faire toute sorte de découvertes extraordinaires. Nous devions bien admettre que ce n’était pas le paradis total. Les soupes de poireaux en hiver étaient difficilement évitables, et elles laissaient un mauvais goût dans la bouche. En été, lorsque nous réclamions de dormir sous la couverture qui servait de tente dans le jardin, les moustiques nous dévoraient et nous nous réveillions le matin avec des boutons partout sur le corps. C’était des petits détails, ils restaient moindres par rapport à ce qu’on aimait faire. Ce qui était le meilleur, d’après moi, c’était les matins où grand-père nous autorisait à aller chercher le petit déjeuner à la ferme d’à côté. Là-bas, il y avait monsieur Fernand, un homme grand et barbu, il nous montrait comment prendre les œufs dans les poulaillers, le lait qu’on devait traire des vaches, avec sa fille Amandine, elle était un peu plus grande que nous et elle était très gentille. Mon frère préférait quand on allait aux ruches avec grand-père. Nous avions le droit de goûter le miel tout frais qui en sortait, pas beaucoup sinon les abeilles n’étaient pas contentes. Moi, j’avais peur de me faire piquer, même si avec le masque qu’on avait, on ne pouvait pas se faire avoir.
Une activité que nous aimions aussi, c’était aller au grenier et fouiller ce qu’il y avait à l’intérieur. Il y avait toujours des objets incroyables, qui dataient de plusieurs années, de plusieurs dizaines d’années. Grand-père nous disait parfois qu’il avait fait la guerre, nous ne savions pas très bien ce que c’était, mais nous l’écoutions avec une grande attention. Nous nous déguisions avec des casques, des grandes vestes vertes et lourdes, nous trouvions même des grands chapeaux à plumes, des chaussures à talons, des bottes énormes, des écharpes d’aviateur et des perruques. C’était amusant, et nous allions voir grand-mère pour lui faire peur ou pour jouer la comédie. Elle nous regardait avec admiration et nostalgie. Elle disait tout le temps que nous étions ses « petites peluches parfaites ».
Le dernier soir avant de partir, grand-père nous emmenait sur une colline pas très loin de la maison. Elle était assez haute et donnait sur la vallée de l’autre côté où poussaient des genévriers. Nous grimpions tout en haut et nous nous asseyions sur les grosses pierres portées ici par hasard. Au début, nous ne savions pas ce que nous devions faire, ni comprendre. Mais très vite, cette vallée est devenue magique pour nous. Lors des jours de grand vent, on pouvait tendre l’oreille et entendre le vent chanter…
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Marie D

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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Lun 17 Nov - 0:29

Full Metal Alchemist! Mon manga de référence!
Bref revenons à nos moutons...
Ton intro est bien faite alors je vais chipoter: "le dernier soir": par rapport à quoi? Et avec ce début de phrase, j'aurais plutôt vu du passé simple, car pour moi ça faisait rupture avec la continuité.
Comme tu vois je chipote vraiment, mais ton intro est belle, pas trop lourde, sans faute apparente, donc forcément le moindre truc fait tache.
Comprends bien que c'est un compliment déguisé!
Mais quand même... Very Happy Razz
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Morgane

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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Lun 17 Nov - 21:24

Ah oui, ça fait peut-être un peu brusque, mais je laisse l'imparfait, parce que c'est une habitude, en fait c'est le dernier soir chez les grand-parents avant de revenir à la maison. Comme ces petits séjours étaient habituels, j'ai gardé l'imparfait. Mais pour préciser, je peux rajouter "le dernier soir avant de retourner chez papa et maman" ^^
Mais merci quand même pour ce compliment...déguisé ^^

Ah petite note, pour chaque chapitre, ça va etre le numéro plus une petite "citation" de mon invention qui a un léger rapport avec le chapitre ^^



I.

« J’ai trouvé un caillou à terre et je l’ai jeté par de vers moi, croyant qu’il était inutile. Mais quand je l’ai revu quelques pas plus loin, je sus que cela voulait dire quelque chose. »



Le soleil se levait sur la grande maison. Manon ouvrait les rideaux qui obscurcissaient la bibliothèque, dépoussiérant les avancées devant les fenêtres. La lumière découvrait les ouvrages qui remplissaient les étagères installées devant chaque mur. Manon passa un coup léger de chiffon sur les deux bureaux en bois verni, puis sur l’ordinateur éteint et reposé. Elle sortit ensuite de la pièce et continua le couloir. Sa main légère se heurta à une nouvelle porte plus loin, et frappa quelques petits coups.
« Monsieur ! Monsieur, vous devriez vous réveiller, il fait grand jour et le soleil est déjà haut dans le ciel ! »
Comme elle n’entendait aucun son provenant de l’intérieur de la chambre, elle soupira et ouvrit la porte. Guillaume, réagissant à l’ouverture, sursauta et referma le livre qu’il tenait entre ses mains. Manon traversa la chambre, éteignit la lampe de chevet et ouvrit largement les rideaux pour faire entrer la lumière. Le garçon gémit et se frotta vigoureusement les yeux.
« Monsieur, vous ne devriez pas lire dans le noir comme vous le faites, vous ne voudriez pas vous retrouver avec des yeux abîmés ? »
Manon se retourna vers lui et lui sourit.
« Vous devriez aussi vous habiller. N’oubliez pas que c’est votre anniversaire aujourd’hui, Madame votre tante a sûrement dû vous préparer quelque chose. Allez, debout ! Vous avez de la chance, la salle de bain est libre, Monsieur votre oncle est déjà parti travailler.
- Il n’est jamais là le matin de toute façon, grommela Guillaume. »
Manon sortit et referma la porte. Guillaume se leva, s’étira et marcha jusqu’à la fenêtre qu’il ouvrit en grand. L’air frais du matin s’engouffra dans ses narines. Treize années pesaient à présent sur ses épaules, sa vie l’agaçait profondément. Il en avait marre de vivre dans cette grande maison, avec Miranda, sa tante sévère, et son oncle, Bernard, qui n’était jamais là. Il n’y avait que Manon, la femme de ménage qui lui accordait un peu d’affection. Sa tête lui tourna quelque peu après de reprendre l’équilibre. Il avait encore fait ce rêve. Depuis qu’il était arrivé là.

Papa et maman se disputaient avec quelqu’un d’autre que je ne voyais pas. Maxime était à côté de moi, il tremblait, il voulait qu’on s’en aille. Mais je voulais savoir ce qui se passait. Il arrive qu’ils haussent la voix parfois, mais là c’était différent. J’ai fait du bruit, maman est venue nous prendre et nous ramener dans la chambre.
« Pas devant les enfants ! » C’est tout ce que j’entendis.
Maxime avait peur, je me devais de le rassurer, mais de mon côté, j’étais aussi très inquiet. La chambre est restée un moment dans le noir. Jusqu’à ce que papa vienne, il ouvrit la porte à la volée, avec un cri de rage. Il me prit dans ses bras et me serra fort.
« Gwen ! Prend Maxime »
Je vis ma mère prendre mon frère, et nous fûmes séparés. Des alternances entre noir et blanc, lumière et obscurité. Le froid mordit mes joues, la neige tombait sur les cheveux noirs de papa qui courait. Et puis une voiture, un grand bruit, le noir. Maman nous serre, moi et Maxime. Elle nous dit de ne jamais nous séparer, que tout ira bien très bientôt. Un homme est venu, habillé en noir, il me faisait peur. Il m’a enlevé, je pleurais, je voulais retourner me coucher auprès de papa et maman et mon frère. On m’emmena dans une voiture, je sentis une odeur de neuf écœurante. Derrière, je voyais maman et Maxime, je hurlais, je voulais revenir vers eux, mais je m’éloignais de plus en plus.
Et puis, plus rien.
Une femme, belle et grande, m’expliqua que c’était fini, que tout allait bien, qu’on avait dû me protéger. Je ne comprenais pas.
« Papa ? Maman ? » dans mes larmes.
La femme secoua la tête.
« Nous n’avons rien pu faire. »
Encore des pleurs.
« Maxime ? »
« Il a disparu. »
Puis encore le noir.
Ma tante, mon oncle, dans la grande maison. Ma tante me recueillit, elle m’expliqua qu’il me fallait refaire ma vie, que ce serait dur.
« La vie est toujours dure. »


Guillaume enfila un pull et coiffa à peu ses cheveux courts ayant un peu repoussé. Il referma la fenêtre de sa chambre, suivit le couloir, et descendit les escaliers jusque dans le salon. Sa tante était assise devant la cheminée éteinte. Guillaume hésita à avancer plus loin, il mit un pied en direction de la cuisine quand une voix l’interrompit.
« Tu as encore dormi trop longtemps, Guillaume, il va falloir perdre cette habitude.
- Oui, je suis désolé, ça ne se reproduira plus.
- J’espère bien. Fabrice t’attend, dépêche-toi de manger, tu dois aller chez le coiffeur pour te faire enlever cette touffe qui pousse sur ton crâne. »
Guillaume marcha jusqu’à la cuisine et chercha son déjeuner des yeux. Sur la table restait une tartine beurrée, un bol de cacao froid et un yaourt. Guillaume soupira, il savait que c’était sa punition pour avoir traîner au lit ; sa tante ne supportait pas qu’il ne se lève pas à l’aube.

« La vie est toujours dure. »

Il dévora rapidement sa tartine et son yaourt, but son bol froid et courut dans le hall pour mettre ses chaussures. Après être sorti, il courut jusqu’à la voiture et entra précipitamment à l’intérieur.
« Désolé Fabrice, j’avais oublié pour ce matin. »
Le chauffeur se retourna et montra son visage mate et souriant à Guillaume. 
« C’est pas grave, mon p’tit Guillaume ! Moi, j’suis payé pareil. Accroche-toi, il va falloir rattraper notre retard ! »
Guillaume attacha sa ceinture et s’y accrocha. Fabrice était très familier avec lui, mais seulement avec lui. C’était le dernier chauffeur encore libre, alors Miranda avait été obligé de l’engager ; de plus il n’avait jamais mal fait son travail. Il aimait beaucoup Guillaume et lui achetait des bonbons des fois. La voiture partit en trombe et s’engouffra dans la ville de Fontainebleu.
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Asahi
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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Mar 18 Nov - 18:21

C'ets vraiment bien !
Ton style est très simple mais correspond bien à l'histoire.
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Morgane

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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Mer 19 Nov - 21:14

Merci beaucoup ^^



Garée un peu plus loin dans la rue, la voiture attendit sagement que son propriétaire revienne la chercher. Pendant ce temps, Fabrice patientait dans le cabinet du coiffeur tandis que celui-ci refaisait une coupe à Guillaume qui faisait la tête de voir ainsi ses cheveux tomber. Sa tête ressemblait de plus en plus à une pelouse bien tondue qui aurait grillé sous le soleil bouillant de l’été. Le coiffeur continuait malgré tout sa tonte tranquillement sans se soucier de l’avis de sa victime. Quand il eut fini, il plaça Guillaume devant le miroir avec un sourire satisfait. Le garçon, lui, se renfrogna, même s’il fit mine d’être content. Fabrice remercia le commerçant et lui tendit un billet avant de repartir avec son maître.
Tout en se dirigeant vers une boutique de jouets, Guillaume se gratta la tête avec vigueur pour afficher son mécontentement. Fabrice passa sa main sur son crâne et rit un bon coup.
« Ne force pas ou ta tante va encore trouver un moyen de t’emmener acheter de la pommade pour crâne douloureux ! »
Guillaume rit aux éclats et tira la langue à son chauffeur.
« Où va-t-on au fait ? demanda le garçon, surpris.
- Faire une course, j’ai besoin de vivre moi aussi ! Que crois-tu ? »
Ils entrèrent dans le magasin et Guillaume fut émerveillé de voir autant de jouets dans une même pièce. Fabrice le laissa là et se dirigea directement vers le comptoir. Le garçon marcha lentement à travers les rayonnages en regardant tout autour de lui les merveilles qui passaient près de ses yeux. Tout à coup, il s’arrêta vers une étagère où étaient disposées plusieurs boîtes de couleurs vives. Il tenta d’en ouvrir une et une musique fluette en sorti. D’abord, Guillaume fut si surpris qu’il referma la boîte. La curiosité le fit recommencer et cette fois, il laissa la boîte ouverte. Quelques notes envahirent son ouïe et il se laissa plonger dans cette douce mélodie.

Maman remonta la couverture pour qu’elle atteigne mon cou. Je me recroquevillai dans le petit lit. Elle commença à chantonner une chanson qu’elle chantait depuis que nous étions nés. Maxime à côté de moi s’endormit très rapidement, émettant des petits bruits qui me faisaient rire la nuit. Maman chantait tellement bien, ce n’était pas comme papa qui faisait tout le temps des fausses notes, on voulait toujours qu’il s’arrête sinon il pleuvrait le lendemain. Je me souviens que c’était une chanson douce, claire, une berceuse qui nous rassurait. Je m’endormais, apaisé…

Fabrice le surprit par derrière et posa une main sur son épaule.
« Il y a quelque chose qui te ferait plaisir ? »
Guillaume se retourna tout en refermant la boîte à musique, il se mordit les lèvres et secoua la tête.
« Non, je regardais juste… »
Le chauffeur lui fit un petit sourire et passa sa main dans ses cheveux rasés.
« C’est ton anniversaire, gamin, tu as le droit d’avoir un cadeau, glissa-t-il dans son oreille. »
Les yeux de Guillaume scintillèrent et il prit la boîte à musique pour lui montrer.
« Je veux ça !
- Ca ? Mouais… c’est pas un cadeau pour un garçon, ça ?! M’enfin, comme tu veux. »
Il prit le jouet, le porta au comptoir. Guillaume le suivit et fit un grand sourire à la vendeuse qui pourtant tirait une tête de trois pieds de long. Ils sortirent rapidement de la boutique et retournèrent à la voiture. Avant de monter, Guillaume entoura Fabrice de ses maigres bras.
« Merci Fabrice ! »
La chauffeur, gêné, le repoussa gentiment et monta devant.


Au déjeuner, Miranda avait invité une partie de la famille à la maison. Guillaume ne les aimait pas, ils étaient hautains, fiers et peu bavards. C’était tous des gens du côté de sa tante, forcément. Il était son neveu du côté de son oncle, qui était le frère de sa mère, et de ce côté-là, il n’y avait presque plus de contact. Sa cousine, Ilia, était toujours en train de l’embêter, de lui raconter des bêtises et elle allait pleurer auprès de sa mère en disant qu’il lui avait tiré les cheveux. Il était obligé de porter un costume qui le gênait et le grattait. Le repas était calme, on devait bien se tenir, ne pas trop manger mais manger de tout, s’essuyer correctement et ne pas balancer ses pieds sous la table. Tout ça était soi-disant prévu pour son anniversaire ; il n’y avait presque pas de cadeau, à part de l’argent qu’il devait mettre sur un compte surveillé par sa tante pour ses études futures, pas de gâteaux, ni de ballons, il ne pouvait pas non plus voir ses amis de l’école. En résumé, Guillaume s’ennuyait.
Le seul moment où il s’amusait un petit peu, c’était quand son grand cousin, Justin, venait passer une ou deux heures dans l’après-midi. Il jouait de la guitare et chantait des chansons d’un vieux rock dépassé qui lui donnait l’air d’un adolescent des années 80. Les quelques enfants qui étaient présents se mettaient en rond autour de lui et l’écoutaient alors que les adultes parlaient de Justin dans son dos, en disant que c’était un gamin qui avait raté sa vie, qu’il était indigne de faire parti de la famille. A la fin de la journée, quand tout le monde partait, Guillaume se cachait dans une des pièces inoccupées de la maison qui ressemblaient à des petits salons et il écouta la boîte à musique qu’il avait eu de Fabrice. La musique le fit sourire, et des mots semblèrent résonner dans son esprit.

Dors mon enfant, de ton visage blanc, et rêve de ton bonheur…

Manon entra dans la pièce et Guillaume referma la boîte puis la cacha.
« Monsieur, madame vous appelle. 
- Oui, j’arrive. »
Guillaume suivit la domestique et se rendit dans le salon. Miranda était dans son fauteuil, tricotant un bout de pull qui sera probablement raté et abandonné avant l’hiver. Elle ne porta pas un seul regard à son neveu, pendant que Bernard lisait le journal d’un regard amorphe.
« J’espère que tu es content Guillaume, cette soirée était réussie, et tu as reçu beaucoup de présents. Qu’en pense-tu ?
- …Je suis content, je vous remercie. 
- Tu peux retourner dans ta chambre. Ne te couche pas trop tard. »
Guillaume prit congé et monta les escaliers sans émotion particulière, mis à part la frustration de participer à cela une année de plus.
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Asahi
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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Ven 21 Nov - 17:40

J'aime bien malgré qu'il ne se passe pas encore énormément de choses... Smile
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Morgane

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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Dim 23 Nov - 22:12

Oui, c'est le début, jvoulais bien poser les choses pour situer les personnages, les périodes (parce que j'avance deux fois de quelques années dans le début de l'histoire).
Donc, le début est très lent, avec des flash-back, mais c'est une sorte de grande intro, la suite va être plus active ^^




Le printemps venait à peine de commencer qu’il fallait déjà faire le grand ménage de toutes les chambres du bâtiment. L’orphelinat devait être nettoyé de fond en comble à chaque fin de saison, quotidiennement il y avait juste quelques ménages rapides. Mais là, il fallait lessiver, frotter, dépoussiérer, et même laver entièrement la cave et le cagibi qui n’étaient jamais utilisés. C’était généralement les plus grands qui menaient le ménage, les plus jeunes aidaient aux tâches pas trop difficiles ni fatigantes.
Ce matin-là, le surveillant principal de l’orphelinat, monsieur Bourreau, un homme sec et sadique d’après les enfants, recherchaient les fautifs qui avaient renversé un seau d’encre dans ses chaussures. Chaque semaine ou presque il y avait quelque uns de ces voyous qui recommençaient une nouvelle ânerie, et chaque semaine de nouvelles punitions, des corvées tombaient. Au bruit des pas du surveillant, Maxime et Dimitri coururent dans le couloir qui longeait les chambres des filles du deuxième étage et ils allèrent jusqu’à l’échelle du grenier. La voix se rapprocha, et leur rire se fit plus discret pour laisser place à l’excitation silencieuse de la poursuite.
« Vous allez vous décider à vous montrer ?! Petits chenapans, si je vous trouve, je ne donne pas chère de votre peau ! »
En arrivant au couloir, il s’arrêta et tendit l’oreille. Les deux garçons se précipitèrent dans le grenier et refermèrent la trappe derrière eux. Dans l’obscurité, ils ne firent pas attention aux objets traînant à terre et ils tombèrent dans le fracas d’un brouhaha assourdissant. Bourreau les entendit et comprit tout de suite. Il courut à l’échelle, la monta avec agilité et rapidité, et ouvrit la trappe qui servait de porte. Ils étaient effondrés dans le bazar qui régnait dans la pièce. Sans une seconde d’attente, leurs oreilles furent saisies et tirées en-dehors de la poussière. Les garçons geignirent, tandis que le surveillant ricana.
« Je vais vous apprendre à ne pas respecter ses supérieurs ! »
Arrivant dans le bureau de la directrice absente, Bourreau les fit asseoir chacun sur une chaise et se mit au bureau. Il chercha un papier pendant que Maxime et Dimitri se regardaient avec un petit sourire complice.
« Voyons voir, alors…sanction pour faute inadmissible…
- Mais m’sieur, c’était juste un peu d’encre, tenta de se rattraper Maxime.
- Je ne veux pas le savoir ! Maintenant taisez-vous si vous vous voulez garder un tant soit peu de fierté. Donc je disais, commis par monsieur Maxime Defarz, 11 ans, ici depuis cinq ans, et par monsieur Dimitri Dumarais, 11 ans également, présent depuis quatre ans. Seront contraints de nettoyer la salle d’art après chaque séance… »
Les garçons soufflèrent et grommelèrent de cette décision, mais Bourreau ne se laissa pas attendrir.
« Ca, messieurs, vous auriez dû y penser avant de commettre vos actes ! Maintenant, dehors ! Je ne veux plus vous voir jusqu’à l’heure du déjeuner ! »
Ils ne se firent pas attendre et sortirent du bureau en trombe.

Personne n'aimait nettoyer la salle d'art, c’était là où les enfants avaient le droit de peindre, de dessiner, de faire divers bricolages…Donc c’était la salle qui devenait la plus sale à la fin de la journée. L’orphelinat en lui-même n’était pas très grand, mais il avait assez de fonds pour accueillir de nombreux enfants et acheter des accessoires en tout genre. Il était haut de deux étages, muni d’une dizaine de chambres par section, plus une salle de bain pour chaque, en comptant deux sections par étage, avec le rez-de-chaussée possédant les pièces collectives. Parmi ces pièces se trouvaient le réfectoire, la salle d’art, la salle de cours, pour les aides aux devoirs, la cuisine, le salon de jeu et le petit hall. Il y avait pour s’occuper de cela, une poignée de bénévoles qui partageaient les tâches du bâtiment. La directrice, trois surveillants, une femme de cuisine, une femme de ménage et une nourrice. Les enfants qui y logeaient étaient le plus souvent là pour cause de décès parental trop tôt, pour abandon, ou pour les jeunes filles qui ne peuvent pas s’occuper d’un enfant.
Dans la chambre 13, Maxime rentra s’effondrer sur son lit, près duquel dormait Alexandre, un petit de six ans. Il riait doucement pour la farce qu’il avait fait à Bourreau avec Dimitri, il était l’un des enfants les plus turbulents ici ; de plus ses cheveux qui poussaient trop vite lui donnaient un air de jeune petit voyou de banlieue. Peu à peu, l’hilarité le quitta et ses yeux se fermèrent. Le souvenir de ses rêves le saisit. Ces souvenirs qui lui faisaient peur.

Maman me tenait de toutes ses forces, elle pleurait, moi aussi. Je voyais Guillaume qui s’éloignait de moi dans une voiture, j’avais peur, la neige me tombait dessus et j’avais froid. Où était papa ? Un homme releva maman, elle baissa la tête et suivit l’homme en noir avec moi dans ses bras. Je ne voulais pas partir, j’avais peur. On me sépara d’elle, je hurlai, on m’enferma dans un placard, pendant que maman criait, se débattait après l’homme. Le noir m’envahit. Je ne voyais plus, je n’entendais plus, je tentais de sortir en frappant la porte, en ouvrant le loquet, je n’avais plus de voix pour hurler. Lorsque enfin on ouvrit ; il n’y avait plus rien, plus personne. Je descendis du grand placard et marchai jusqu’à la salle.
Maman était là, allongée à terre ; je l’appelai, je lui parlai, je la secouai. Elle ne répondait pas.
Alors je pleurai longuement, je sortis dehors ; il faisait froid, la neige tombait encore à gros flocons. Je fis quelques pas, mais j’étais pieds nus, je tombai, et puis le noir. Dans un demi conscient, je me souviens d’un homme qui me trouva, il alla dans la maison, revint et il me porta.
« Le pauvre, il a dû avoir un choc fort. »
Je me réveillai dans un lit, dans une grande maison, sale et sombre. Il y avait le monsieur vers moi, avec une femme assez âgée. J’entendis quelques brides de conversation.
« Oui, c’est le fils des Defarz…la maison est maintenant vide, il va falloir enterrer sa mère.
- Le fils de Simon ?…Je le connais. Il est venu plusieurs fois soigner des enfants ici…
- …le garder ? Il n’a plus beaucoup de famille dans le pays…
- Bien sûr…il va falloir lui dire. Et son frère ? Son père ?
- On ne sait pas… »
Je me rendormis une nouvelle fois je crois. Puis, quand je me réveillai de nouveau, il y avait pleins d’enfants autour de moi. Ils me regardaient tous avec de grands yeux étonnés. La femme vint me voir, c’était la directrice de l’orphelinat. Elle m'expliqua que je devais maintenant rester ici. Ma mère était morte, sans doute mon père également, et on a jamais retrouvé mon frère. Je pleurai, mais Noémie me consola.


Maxime rouvrit les yeux quand Alexandre lui tira la manche. Il se redressa, lui sourit et s’assit sur son lit.
« Tu veux jouer ? »
L’enfant secoua la tête, sans lâcher le bout de mouchoir qui lui servait de doudou.
« Tu veux quoi alors ? Une histoire ? »
Il fit mine de réfléchir, puis hocha la tête en signe d’acquiescement. Maxime se leva et prit un des petits livres qui demeuraient sur le bureau de la chambre. Il se rassit, porta Alexandre sur le lit et commença à raconter l’histoire.


Dernière édition par Morgane le Mar 25 Nov - 22:21, édité 1 fois
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Asahi
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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Lun 24 Nov - 21:56

J'aime bien la tournure simple et agréable que prend l'histoire mais je me permet quand même de faire quelques commentaires.

Cetarines tournures de phrases sont maladroites, un peu bizarres.
Tu fais quelques fautes de temps surtout quand tu parles du rêve, du genre: je marcha ou bien tu passe du passé simple à l'impartfait.

Aussi non, c'est très bien . Continue. Et Bravo !
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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Mar 25 Nov - 22:24

J'ai essayé de changer quelques petites choses.

Ce qui me choqua le plus en fait, c'était l'emploi du passé composé dans le rêve qui allait pas bien ; sinon la plupart des passages passé simple-imparfait, c'est pour distinguer action-description.
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Asahi
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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Mer 26 Nov - 21:57

D'accord, aucun problème. Fais comme tu le sens.

_________________
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N'hésitez pas à parler de ce forum autour de vous
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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Mer 26 Nov - 22:14

C'est surtout au feeling, c'est vrai ^^''



Dimitri était allé dans la chambre de Noémie pour chercher son nouveau jouet qu’il avait trouvé dans la rue. La fillette n’était pas là, elle prenait des cours de piano deux matins dans la semaine dans une petite école pas très loin de l’orphelinat. Ces cours n’étaient pas très chers, et le professeur de piano avait bien saisi la situation de la petite Noémie. De plus, celui-ci était émerveillé par les rapides progrès de la petite fille, douée de ses mains et de ses oreilles. Sa camarade de chambre était une fillette à peine plus jeune qu’elle, Clarine. Avec ses longs cheveux bruns et ses grands yeux humides, elle était la plus sage et émouvait tout le personnel de l’orphelinat. Dimitri entra discrètement et vit Clarine assise devant le bureau à écrire. Lorsqu’elle l’aperçut, elle referma rapidement le carnet dans lequel elle écrivait et se tourna vers lui.
« Qu’est-ce que tu veux ?
- Euh, j’ai dû oublier quelque chose ici… »
Il commença à fouiller la chambre alors que Clarine lui parlait.
« C’est toi qui a mis de l’encre dans les chaussures de monsieur Bourreau ? C’est pas bien, tu as dû être bien puni. 
- Oui… 
- Vous êtes pas très malins avec Maxime, le pauvre monsieur Bourreau a dû être ennuyé d’avoir des chaussures toutes sales… »
Dimitri se tourna vers elle en soupirant.
« Ecoute, ça te regarde pas, et puis si tu m’aides à retrouver le marteau, je vais jamais y arriver.
- Pourquoi il est là ?
- Parce que j’ai dû jouer ici.
- Pourquoi t’es venu jouer ici ?
- Parce que je voulais jouer avec Noémie.
- Pourquoi ? »
Dimitri s’énerva. Clarine était mignonne, mais elle était très vite agaçante. Il alla vers elle, prit son carnet et le leva bien haut. La fillette s’affola et essaya de l’attraper.
« Hin ! Rends le moi !!
- Dis-moi où il est ?
- Mon journal !!
- J’attends. »
Clarine se mit à pleurer et désigna la commode dans laquelle étaient rangées ses affaires. Dimitri lui rendit le livre et alla fouiller dans le meuble. Lorsqu’il le trouva, il cacha son jouet sous son t-shirt et sortit de la chambre en tirant la langue à Clarine qui pleurnichait encore.

Le soir, tout le monde devait manger à la même heure, par rapport au déjeuner où certains petits faisaient la sieste ou d’autres dormaient tard le matin. Le réfectoire se remplit jusqu’à être presque plein. Puis, quand tous furent assis, les plus jeunes dans un coin, les grands dans l’autre, Maxime à côté de Noémie, Dimitri à côté de Clarine qui le regardait avec des yeux sévères, une surveillante, Claire, frappa dans ses mains pour réclamer le silence pendant que la nourrice calmait les bébés affamés. Le bruit s’abaissa et les enfants attendaient sagement le repas. La directrice, madame Mandarin, arriva et regarda les enfants avec un œil attendrissant. Maxime posa son regard sur elle et lui sourit, sourire qu’elle lui rendit aussitôt. Il aimait beaucoup la directrice, c’était elle qui l’avait recueilli, et elle était très gentille, contrairement à monsieur Bourreau. La cuisinière arriva et la nourriture fut servie. Tout le monde mangeait dans le plus grand calme. La nourriture de l’orphelinat n’était pas excellente, mais elle était assez nutritive.
Après le repas, il y avait un temps pour jouer dans la salle de jeu, et ensuite on proposait une histoire commune pour tout le monde. C’était ainsi qu’une dizaine d’enfants s’asseyaient sur le tapis au milieu de quelques coussins, autour de Claire qui lisait. Puis tous allaient se coucher dans leur chambre respective.
Maxime retourna dans la sienne où il entra très doucement comme il savait que Alexandre dormait déjà. Il avait essayé une fois de le chatouiller, mais le résultat en avait été désastreux, voir ennuyeux. Alexandre avait été réveillé en sursaut et il avait pleuré à en réveiller tout l’orphelinat. Il avait fallu du temps pour rendormir tout le monde. Maxime avait ensuite été privé de goûter pendant deux semaines. Mais maintenant qu’il avait presque douze ans, il commençait à moins faire de bêtises et à être plus raisonnable…à certains moments seulement. Il se coucha le cœur léger et le ventre plein.
Avant de s’endormir, il regarda la photo qui résidait sous son oreiller, qui était une photo de lui, avec son frère, sa mère et son père. Il s’était toujours dit que son frère ou son père n’était pas mort. Sa mère, il l’avait vu, mais on n’avait jamais retrouvé le corps des deux autres. Jamais il n’abandonnerait cette idée.

Miranda dut s’absenter pour quelques jours pour aller voir un vieil oncle malade. Guillaume regarda la voiture de sa tante partir de la cour, puis il se précipita dans la bibliothèque. Il n’avait jamais le droit de rester dans la bibliothèque sauf lors de grandes occasions. Ca ne l’empêchait pas d’y aller en cachette pour prendre des livres et les lire le soir ou le matin dans sa chambre. Cette fois, il pourra profiter de ces jours pour y aller plus souvent. Dès qu’il entra, il fut saisi de l’odeur onctueuse des livres anciens. Il aimait beaucoup sentir cette odeur et toucher la couverture douce tantôt rêche des ouvrages épais. Il s’approcha de l’ordinateur et le regarda sous tous ses angles. Il n’avait pas eu l’occasion d’apprendre à s’en servir, mais l’informatique n’avait pas l’air d’être un outil simple. Il se dirigea vers le grand bureau que son oncle utilisait quand il avait plus de temps, à présent il était employé juste pour voir quelques papiers et feuilleter quelques journaux. Ce jour-là, le bureau était particulièrement en désordre, ce qui étonna Guillaume car sa tante était en général très ordonnée. Mais cette fois de nombreux articles s’y trouvaient. Guillaume s’assit sur le fauteuil en velours et se pencha sur les différents bouts de papier éparpillés.

Meurtres en série sur la 5e avenue jusqu’au centre de Paris…
Enlèvement d’un chien sur la voie publique…
Les manifestations continuent…
Une voiture brûlée, aucune victime cependant…


Guillaume ne se donna pas la peine de lire ces menus articles, ils avaient l’air morbides et assez habituels. Un titre toutefois attira son attention.

Crime étrange à Dijon, un meurtre et un enlèvement mystérieux…

Ses souvenirs rejaillirent soudainement. Le nom de Dijon ne lui était pas inconnu. Il se rappelait bien qu’il avait appris à l’école que Dijon était une ville importante de France, de…Bourgogne précisément. Mais ce nom lui évoqua des images, des sons qui emplirent sa tête.

…On a retrouvé une femme morte rue de Vosges d’après la découverte d’un voisin qui nous informa…apparemment, une famille entière a vécu ici, mais ni le père ni l’un des fils n’a été retrouvé en ce jour…son frère a été découvert par ce même voisin à moitié mort de froid dans la rue…par manque de famille, ce pauvre enfant a été recueilli par l’orphelinat Deschamps…

Guillaume sentit sa tête tourner. Des éléments se mélangeaient dans son esprit et il n’arrivait pas à tout remettre en place. Cette maison, son rêve, son frère abandonné…c’était impossible. Sa tante lui avait toujours dit que ses parents et son frère étaient morts dans un accident de voiture suite à ce fameux cambriolage de la maison. Et puis, ce n’était pas à Dijon, c’était à St Brieuc…Rien ne concordait entre les éléments de l’article et les faits que sa tante lui avait conté. Il se dit que ça devait être sûrement quelqu’un d’autre, il y avait tellement de familles perdues dans le pays. Il parcourut rapidement le reste de l’article et vit une des photos imprimées. Ce garçon sur l’image…c’était bien son frère, il n’y avait aucun doute. Guillaume n’en crut pas ses yeux. Sa tante lui avait menti ? Son frère était vivant et son père aussi ?! Mais pourquoi tous ces mensonges ? Le garçon prit l’article et le mit dans sa poche. Il fallait vérifier. Il ne savait comment, mais si tout cela était vrai, il fallait qu’il retrouve son frère. Ils allaient enfin être réunis après tant d’absence et tant d’inquiétude !
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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Mer 26 Nov - 22:25

J'ai un peu de mal avec les histoires où on passe d'un endroit à l'autre mais pour l'instant, ca va Smile
Je veux juste mettre mon petit mot ^^
Dans l'article de journal, je trouve que tu devrais le retravailler au niveau de la langue, c'est censé est un langage assez soutenu et je sens plus ton article comme quelque chose de raconté oralement...
Et je trouve aussi bizarre que sa tante ait laissé cet article à la vue du petit Guillaume si elle lui mentait depuis tant d'années...

Mais bon, je dis ca, je dis rien Wink

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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Jeu 11 Déc - 20:31

Nan, nan ! J'aime beaucoup tes remarques ^^
Pour l'article, ok, je les ai écrit un peu comme si c'était un reportage à la télé donc ça doit bien avoir une consonance oralisée.
En même temps, la bibliothèque est interdite d'accès à Guillaume (et comme il le dit, mieux rangée), un soir où sa tante était fatiguée ou négligente et elle oublie.



Tout à coup, la porte de la bibliothèque s’ouvrit brusquement. Guillaume sursauta et se baissa pour se cacher sous le bureau. Il ne savait pas bien pourquoi il se cachait, mais il savait déjà qu’il n’avait pas le droit d’être ici, même s’il n’avait pas raison de s’inquiéter sans sa tante dans les parages. Des pas se firent entendre, ils s’arrêtèrent, puis la porte frotta au-dessus de la moquette et le bruit du loquet résonna faiblement dans la pièce. Guillaume se baissa jusqu’à atteindre le dessous du bureau. Des grosses bottes de chasse étaient à moitié visibles par l’interstice sous le meuble. Reconnaissant les chaussures de son oncle, Guillaume faillit se relever, soulagé. Pourtant une petite voix lui interdit de faire ça et lui conseilla de rester bien caché jusqu’à ce qu’il parte. Tandis que les pas se rapprochaient, sa main posée au sol commença à trembler. La démarche approchante de son oncle revenant de la chasse n’avait rien de rassurant à première écoute. Les pas semblaient faire le tour de la pièce, s’arrêtant à plusieurs reprises. Guillaume entendit ensuite la porte s’ouvrir, puis se refermer ; et plus aucun son. Sa respiration reprit son cours normal et il soupira de soulagement. Soudain, sortie de nulle part, une main le saisit par le col de son pull et le sortit brusquement de sous le bureau. Guillaume émit un petit cri avant de se rendre compte que son oncle le tirait hors sa cachette. Celui-ci le reposa immédiatement sans une expression sur son visage. Il avait une apparence inquiétante ; la cinquantaine, une démarche de majordome, un visage figé. Il était comme ça depuis des années, sûrement à cause de sa maudite femme, disait toujours Fabrice. Guillaume le regarda avec un sourire timide. L’armoire à glace ouvrit la bouche pour produire un son rauque.
« Que fais-tu là mon enfant ? Tu sais très bien que tu n’as pas le droit de rentrer ici lorsque ta tante te l’interdit.
- Oui, je voulais juste jeter un œil, mais j’ai déjà un livre à lire pour l’école, alors je ne reviendrai plus… » i
Guillaume pensa s’en tirer avec une explication innocente, comme à son habitude ; mais il ne savait vraiment pas pourquoi, une sueur froide descendit le long de sa nuque. Comme Bernard ne réagissait pas, il avança doucement vers la porte pour sortir. La voix de son oncle retentit.
« Pose ce que tu as dans ta poche. »
Guillaume se retourna, le cœur battant la chamade dans sa poitrine.
« Mais…mais je n’ai rien…dans ma poche. »
Bernard se retourna vers lui, et son regard devint sombre, tel le regard d’un tueur ayant repéré sa victime. Guillaume prit peur, plus rien ne le retenait dans son rassurement, son affolement lui dit de courir. Mais à peine se fut-il retourné que quelque chose s’abattit sur sa tête, et il tomba à terre, inconscient. Bernard reposa le bout de son fusil sur le sol et il s’empara de son neveu.

Quand Guillaume se réveilla, ce fut dans son lit, enfoui sous des couvertures, un son sourd lui résonnant dans la tête. Lorsqu’il parvint à reprendre quelques esprits, sa tante lui tendit une tasse chaude.
« Ne bouge pas, tu as reçu un sacré choc. Tu aurais dû faire plus attention en jouant dans la maison, tu as dû te prendre le haut de la porte de la cave. »
Ces mots lui parvinrent comme dans du coton. Il voulut se lever mais son corps lui pesait trop.
« Non, ne fais pas de gestes brusques, tu as dormi deux jours entiers, tu dois être engourdi.
- Je ne me suis pas…cogné.
- Qu’est-ce que tu racontes enfin ? Le choc doit encore t’assourdir. »
Guillaume essaya par tous les moyens de formuler une phrase.
« C’est…Bernard…il a…
- Bernard ? Oh oui ! Tu devrais le remercier ! C’est lui qui t’a trouvé inconscient et qui m’a prévenu.
- Non…non…
- Chh, chut, dors. Tu as besoin de beaucoup de repos après ce coup. »
Elle le força à boire une tisane étrange qui l’endormit totalement. Miranda reposa la tasse sur la table de nuit et ressortit de la chambre avec un air sévère. En arrivant au salon, elle interpella Bernard qui lisait son journal habituel.
« Tu aurais dû le surveiller plus ! C’est ta faute s’il est au courant maintenant.
- TU aurais dû fermer à clé la bibliothèque quand je te l’ai conseillé, répliqua l’oncle sans broncher.
- Il ne devait se douter de rien. Mais le mal est fait, il faut lui faire oublier cette histoire. Je vais jeter ces maudits papiers au feu. »
Elle alla vers son fauteuil, prit son morceau de laine entamé et le jeta avec rage dans la cheminée, qui dévora de ses flammes le tissu à peine utilisé.

C’est alors que Maxime jeta son balai à travers la pièce. Il s’assit sur une table en grommelant des injures. Dimitri, à ses côtés, posa sa brosse et alla ramasser le balai. Il le posa contre le mur et soupira longuement.
« J’en ai marre de faire cette corvée ! s’écria Maxime. Ca fait deux semaines qu’on fait ça et on a plus le droit d’un cessez-le-feu, c’est in-juste.
- C’est vrai qu’on devrait avoir suffisamment payer pour l’encre de Bourreau…
- T’es d’accord avec moi ?! On devrait se plaindre pour maltraitance…
- Oh…j’irai pas jusque là quand même… »
Maxime se leva, reprit le balai et commença à le tremper dans le seau d’eau pour finir de nettoyer la salle. Après un petit instant de silence, où les deux jeunes garçons se concentraient sur le ménage de la pièce, Maxime s’arrêta et s’appuya sur le balai avec un air pensif.
« Tu sais Dim’…Faut pas le dire, mais je vais partir cette nuit. »
L’interlocuteur cessa son activité et se tourna vers son ami, surpris.
« Quoi ? Mais pour aller où ??
- Je vais chercher mon frère ! Je suis sûr qu’il est quelque part et qu’il m’attend.
- Mais tu sais pas où il est ton frère…Comment tu vas faire pour le retrouver ? »
Maxime afficha un air triomphant en sortant un morceau de papier de sa poche.
« Nan, mais j’ai ça !
- C’est quoi ton papier ?
- Une adresse. Je suis sûre que c’est là où je dois me rendre. J’l’ai trouvé dans le bureau de M’dame Mandarin. C’était dans un dossier où y avait mon nom, alors je me suis dit que peut-être ils avaient retrouvé mon frère.
- Mais t’en est même pas sûr ! Et même si c’est vrai, tu vas partir comme ça sans rien ?
- T’inquiète, j’ai fait des économies depuis un sacré bout de temps, j’en ai sûrement assez pour aller jusque là-bas ! »
Il lui fit un sourire si angélique que Dimitri n’osa plus rien dire et il continua son ménage.

La nuit venue, une lampe s’alluma dans la chambre 2, d’une très faible lueur. La lumière éclairait juste assez pour voir les meubles et les personnes qui y résidaient. Marion, une jeune fille à la peau ivoire, se réveilla et gémit. Maxime mit sa main sur sa bouche et lui intima de se taire.
« Pourquoi t’es venu dormir dans ma chambre ? chuchota-t-elle.
- Parce que c’est la plus près de la sortie. »
Elle poussa un grognement et se recouvra avec sa couverture. Maxime mit ses chaussures et enfila un pull. Il prit son sac, éteignit la lampe et sortit en silence de la chambre. Dehors, tout était calme, la nuit emplissait le bâtiment, le rendant immobile, presque effrayant, et lugubre. Mais même ainsi, il avait toujours l’air accueillant. C’était quand même là où il avait grandi pendant un certain nombre d’année, avec ses amis, l’affection des adultes. Il n’avait que peu de souvenirs clairs de sa petite enfance.
Après un moment de nostalgie enfantine, Maxime se mit en route de sortir de l’orphelinat sans faire de bruit. Au moment où il allait descendre les escaliers, il entendit un bruit provenant des chambres de l’étage du dessus. Il se cacha sous les marches et attendit de voir qui arrivait.
« Maxime ! T’es où ? Je sais que c’est toi… »
Maxime sortit de sa cachette et accourut vers Dimitri.
« Qu’est-ce que tu fais là ??
- Je suis venu te dire au revoir. J’suis pas ton frère, mais c’était sympa que t’aies été là. »
Il lui prit la main et lui mit un objet à l’intérieur. Lorsqu’elle se rouvrit, un briquet se tenait entre ses doigts, un briquet en argent.
« C’est pour toi, t’en auras plus besoin que moi. »
Maxime serra Dimitri dans ses bras.
« Merci, Dim’. J’espère qu’on se reverra. »
Ils se serrèrent la main et Maxime descendit les escaliers en faisant tout aussi attention que personne ne le voit ni ne l’entende. En arrivant devant la porte d’entrée, il eut un bref instant d’hésitation, puis sortit de suite. Dehors, la nuit était fraîche mais pas si froide. Les nuages cachaient à moitié les étoiles. La rue était bien éclairée mais vide et silencieuse. Maxime avala sa salive, regarda une dernière fois la photo de sa famille réunie et se mit en route, là où il savait qu’il trouverait une route à suivre.
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MessageSujet: Re: Lorsque nous écoutions le vent chanter   Sam 13 Déc - 19:32

C'est très agréable à lire et l'histoire se déroule normalement. Comme on peut s'y attendre..
J'ai juste une petite remarque quant au début de cet extrait:
tu dis que la porte s'ouvre brusquement: j'imagine la porte ouverte en grand et Guillaume qui va se cacher. Et pui quand il est caché, tu décris le bruit du loquet et la porte qui s'ouvre doucement.
C'ets un peu contradictoire.

Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire...

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