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 Mémoris

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Morgane

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MessageSujet: Mémoris   Sam 17 Mai - 21:22

Bon voilà, je vous livre mon début de roman tout cru (je ne l'ai modifié qu'une seule fois). D'abord je vais mettre le prologue qui, d'après moi, est le meilleur passage de l'histoire pour l'instant ! N'hésitez pas à me dire si c'est bien écrit ou pas bien, je ne l'ai pas beaucoup donné à lire et les critiques sont constructives pour la suite.


Prologue

La terre de Stelna se recouvrait d’un filet doré. Le soleil se levait lentement, les rayons se dispersaient dans tout Alaziaba, mais le petit continent en profitait le premier. Les crustacés s’agitaient sur les plages Est du pays, des poissons gigantesques se réveillaient au fin fond des océans, une légère brise faisait bouger la surface de l’eau qui passait du bleu marine au violet, puis au turquoise. Les vagues se projetaient sur les falaises du sud et recouvraient momentanément les vastes plaines de sable. Les fleurs levaient la tête à leur vitesse naturelle, la fraîcheur du matin surplombait les feuilles et les pétales en une fine couche de rosée. La progression de l’astre lumineux continua sur la voûte céleste, après avoir affiché un éblouissant lever. Les animaux des forêts s’éveillèrent et fouillèrent dès à présent afin de trouver leur petit déjeuner. D’autres se dégourdissaient les pattes en gambadant dans les plaines. Les oiseaux battirent des ailes pour s’élever au-dessus des arbres et des habitations humaines. Les hommes, et d’autres créatures qui peuplaient Alaziaba, s’activaient eux aussi. On pouvait voir des gens courir dans les rues, des charrettes attelées à des chevaux ou à des quadrupèdes imposants surmontés d'une tête de pachyderme, des magasins ouvraient leur porte et les rideaux de leurs échoppes. Chaque personnage connaissait son rôle, et tous savaient ce qu’ils devaient faire, comme chaque matin.
Ainsi s’annonçait une journée sur le continent de Stelna. Et aussi sur le monde entier d’ailleurs. Ce matin-là cependant, une lueur rougeâtre s’abattit sur le continent d'Alba, plus précisément sur le temple central de la contrée du Pélénor. Un prêtre un peu enrobé, vêtu d’une longue toge blanche, accourut à la porte du bâtiment. En arrivant aux escaliers à l’entrée, il appuya ses mains sur ses genoux et reprit son souffle. Il se releva enfin et marcha à l’intérieur, ses sandales en bois claquaient contre le sol de pierre et l’écho se répercuta sur les murs recouverts de peintures anciennes. A l'intérieur se présentait une grande salle ; dans chaque coin était disposée une statue représentant une des trois déesse, avec dans le quatrième coin un vieil homme, sans doute un ancien, un Alazien. Au centre, il y avait un petit autel où un livre était posé. A côté, un autre prêtre, celui-ci était grand et maigre, psalmodiait quelques mots les yeux fermés. Un halo de lumière rouge l'entourait. Le premier sage s'approcha et s'arrêta à quelques mètres du bloc et de l'homme ; il appela son confrère.
« Lester ! Qu'avez-vous fait ? Est-ce vous qui avez provoqué cette énergie spirituelle tellement puissante ? »
Le silence frappa la salle après la question du prêtre et soudainement, le halo disparut. L'homme au grimoire rouvrit les yeux et sembla toujours réfléchir intensément. Il mit enfin fin à son immobilité pour marcher lentement vers l'entrée, le visage grave.
« Il s'est passé quelque chose d'anormal... »
Il s'arrêta et se tourna vers son confrère, lui mettant la main sur son épaule.
« N'ayez crainte, je doute que la situation soit aussi grave qu'elle en ait l'air, insista-t-il d'un sourire réconfortant.
- Mais alors, qu'était-ce ? »
Le dénommé Lester mit un temps à répondre, ne sachant réellement comment réagir.
« Jasper...murmura-t-il. Vous rappelez-vous du groupe d'Alaziens qui nous avait appelés, il y a dix-sept ans de cela, avant la guerre ?
- Oui, bredouilla son interlocuteur, vaguement. A vrai dire, je me rappelle qu'ils avaient utilisés une technique très puissante capable d'émettre des ondes de détresse et de parler à de nombreuses personnes à la fois. »
Jasper releva brutalement la tête, percutant le sens de ses propres paroles.
« Alors, vous pensez que cette lumière...?
- Je n'en suis pas sûr, mais c'est une solution. Cependant, cette réaction semblait venir de nul part, autrement dit, elle a dû traverser l'espace et le temps pour parvenir ici. Peut-être nous annonce-t-elle simplement que quelque événement important va se produire. Comme autrefois... »
Jasper était tant plongé dans ses pensées qu'il ne perçut guère les dernières paroles de Lester. Les deux hommes se dirigèrent ensemble vers la sortie du temple. Les oiseaux qui s'était tus se remirent à chanter.

Après une journée de labeur dans Alaziaba, le monde des hommes voyait avec soulagement, étonnement ou désappointement le soleil qui finissait sa course et se couchait dans un voile orangé. Au sud de Stelna s'étendait une immense plage de sable clair, presque blanc, où poussaient des fleurs roses aux imposants pétales épais. Elle affichait un bel exotisme et une gaieté qui rendait cette plage très fréquentée la journée. Un peu plus à l'Est, des rochers apparaissaient et une très haute falaise s'élevait sur une cinquantaine de mètres.
Ce soir-là, au bout de cette péninsule, une jeune fille gisait, inconsciente.
Allongée sur le dos, des courts cheveux noir de jais frémissaient sous le vent tiède et un ruban rouge sang dont l'origine s'accrochait à une mèche barrait le visage ovale et pâle. Quelques cheveux se balançaient sur son front fuyant et les yeux en amande restaient clos. Un petit nez camus avait été croisé d'une légère cicatrice qui traversait de part et d'autre le visage ; en-dessous, les lèvres minces étaient entrouvertes. La jeune fille était étendue de tout son long. On voyait distinctement sa silhouette svelte, surmontée d'épaules droites, sous une large tunique qui cachait sa poitrine délicate et laissait découvert un ventre plat tâché de sang. Un pantalon large également de toile marronâtre descendait jusqu'aux pieds nus.
L'être humain semblait dormir paisiblement, malgré le lieu incongru et les quelques tâches rouges parsemées sur la partie supérieure du corps.
Un scale, petit kangourou jaune aux grandes oreilles et au long museau rouge, s'engagea courageusement auprès de l'individu immobile. Il s'approcha très lentement, reniflant du bout du nez. Ces petites bêtes inoffensives et craintives étaient néanmoins très curieuses. Il fit le tour du sac qui se trouvait à côté de la créature singulière. Un simple gros sac de cuir qui semblait à première vue vide, à l'intérieur duquel s'engouffrait le petit scale. Il n'en ressortit qu'un petit carnet entre ses dents. Au goût de celui-ci, il en déduit que la couverture était faite en peau robuste et souple de saurien.
Un bruit infime le fit sursauter et lâcher l'objet. Il s'immobilisa et surveilla la corps humain couché auprès de lui. Une main frémit. Il sursauta et s'écarta précipitamment pour observer les moindres faits et gestes. La main se referma au contact de l'air ayant glissé dans chaque recoin de la paume, puis elle vint pousser le ruban mis en travers du visage. Ensuite, deux grands yeux s'ouvrirent, dont la faible lumière en révélait la noirceur.
La jeune fille s'appuya sur ses coudes afin de se redresser ; enfin assise, elle regarda autour d'elle. Son regard passa de l'inexpression à l'étonnement. Elle fronça les sourcils. Soudain, elle tourna la tête vers le scale, celui-ci sursauta une nouvelle fois et s'enfuit en dévalant le petit chemin de la falaise. La jeune fille remarqua le carnet que l'animal avait sorti du sac, elle le ramassa et le feuilleta machinalement. Beaucoup de pages avaient été arrachées, certaines étaient mouillées et l'encre avait été diluée. Ce petit livre semblait vieux, mais il avait recelé auparavant des énigmes et des mystères qui étaient maintenant illisibles. L'eau, les épreuves et le temps empêchait aujourd'hui de découvrir ce qui était caché à l'intérieur.
La jeune fille finit par trouver une feuille presque intact qui tomba du carnet en piteux état. Elle la regarda attentivement et déchiffra le mot écrit de manière attachée et rapide, coloré de teintes de bleus différents, sans doute à cause de la dilution de l'eau. Ce mot paraissait à la fois d'une importance capitale, ayant survécu aux ravages du temps, et à la fois d'une insignifiance dérisoire, seul au milieu de ces écrits oubliés. Ce mot...
« Mémoris... »
La voix sèche et claire de la jeune fille retentissait dans sa tête et le souffle de sa réplique fuit dans le vent partant dans l'immensité du paysage.
Elle se leva cette fois-ci pour de bon, défaillant à moitié sur ses jambes engourdies par l'inactivité. Son visage était coloré du soleil face à la mer faiblement agitée. Ses yeux emplis de reflets rayonnants s'éclaircirent et le vent releva ses cheveux en arrière.
« Je suis...Mémoris ? murmura-t-elle. »
Elle lâcha le carnet qui tomba net à terre, produisant un bruit sourd qui résonna malgré tout entre les parois de son esprit. Son regard mêlé d'incertitude laissa s'écouler une larme le long de sa joue, ses genoux heurtèrent le sol dur de la falaise, de sa bouche sèche et craquelée sortit un cri.
Cette jeune fille avait perdu la mémoire.


Dernière édition par Morgane le Sam 17 Mai - 21:45, édité 1 fois
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Asahi
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MessageSujet: Re: Mémoris   Sam 17 Mai - 21:38

Wah ! C'est terrible !

J'aime beaucoup ce style assez simple mais très agréable. Pour un premier jet c'est vraiment pas mal dutout !
Il y a encore deux trois petites fautes sans grande importance que tu corrigeras, je suppose, à ta relecture !

La suite ...!
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MessageSujet: Re: Mémoris   Sam 17 Mai - 22:41

Alors... Par quoi allons-nous commencer ? Je sais !! J'adore, j'adore, j'adore, j'adore !!!!!!!!!!!!!! C'est trop bien écrit, simple, aves de belles descriptions ni trop longues, ni trop courtes, du suspense... Bref j'adore et je veux la suite !!!!! C'est magnifique !!!!^^
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MessageSujet: Re: Mémoris   Lun 19 Mai - 20:26

Merci merci ^^'' c'est trop gentil !
Oui j'ai retrouvé d'autres fautes effectivement ! Mais bon, des fois j'ai beau relire un texte dix fois, je retrouve des nouvelles fautes à chaque fois, c'est dur la correction...
Donc voilà je mets la suite. Ah oui, je préviens juste d'un petit truc, mes chapitres sont très très longs, voilà c'est tout. Donc je vais mettre des passages plutôt longs ^^


Chapitre 1 : Un nouveau départ


Le cheval avalait des milles de chemin qui traversait prairies et fourrés, cités et villages, forêts et bosquets. Son pelage noir ternissait au fur et à mesure qu'il frôlait des murs, poussait des branches et subissait les intempéries, et la terre avait sali ses sabots autrefois luisants et miroitants. Le cavalier, lui, avait un air déterminé, son foulard maintenait des cheveux mordorés qui flottaient autour du morceau de tissu, et ses mains crispées tenaient fermement les rennes. Il renversait diverses choses à son passage. Un tonneau de bière, un sac d'avoine, quelques paniers de pommes et un stand de bijoux à peine précieux, pour le plus grand malheur des commerçants qui lui hurlaient dessus ou lui couraient après suivant leur courage et leur état d'ivresse. Il faillit durant son périple écraser un petit homme qui chantait un son vaguement mélodieux et abominablement faux, une chope de bière à la main, accompagnant dans la rue une grande jeune femme, ivre elle aussi, et à moitié endormie.
L'auberge des voyageurs accueillait chaque année, comme l'indiquait son enseigne, de nombreux vagabonds ou des personnes allant admirer les belles plages de Stelna. En effet, ces étendues désertiques possédaient des atouts touristiques sans égal. A la saison chaude, elles devenaient immenses à cause de la diminution des eaux, eaux plus chaudes et agréables grâce au soleil radieux. A la saison froide, les gelures apparues rendaient ces plages plus argentées et plus splendides que jamais, les particules gelées en suspension dans l'air se collaient aux feuilles et aux fleurs de rosette, ainsi appelait-on ces gros végétaux rosâtres utilisés lors de nombreuses recettes pour leur goût particulièrement sucré.
En cette saison du renouveau, il n'y avait guère de visiteurs. Carmen prenait son temps, essuyant lentement les verres derrière son large comptoir. Elle enleva momentanément le bracelet qui retenait ses cheveux en une queue de cheval pour laisser aller cette chevelure auburn qui lui tombait en flot sur ses épaules. Son regard se porta sur les quelques voyageurs assis dans la salle éclairée faiblement par le lustre et par la feu de la cheminée qui tendait à mourir dans l'heure qui suivait. Elle soupira et remit ses cheveux comme ils étaient.
Le cavalier au foulard entra en ouvrant violemment la porte, puis la refermant en la claquant derrière lui. Il afficha un sourire narquois et jeta son sac qui pendait après son bras sur son épaule. L'aubergiste ne le regarda pas et esquissa un léger sourire sur ses lèvres pulpeuses.
« Tu te fais toujours autant remarquer, Silver...lança-t-elle négligemment.
- Il faut bien animer ton coin de paradis ! S'exclama-t-il tout en avançant vers elle. »
Il accrocha son sac après la rampe d'escalier à sa gauche et s'appuya au comptoir. Il déposa une petit bourse dessus et regarda Carmen avec un regard de braise, l'air de demander quelque chose. Les yeux refroidissant de la jeune femme se plongèrent dans les siens et elle prit la bourse, sachant exactement ce qu'elle devait apporter.
« J'aimerai que tu me fasses le plein de vivres, dit-il comme si elle ne connaissait pas ses intentions. J'ai une course urgente pour Malterne. Tu connais mon patron, il veut que ça soit déposer le plus vite possible, que je cours qu'il vente, qu'il neige ou qu'il fasse nuit noire !
- Je compte ta bière et une chambre pour cette nuit dans ce déboursement ?
- Evidemment ! »
Le dénommé Silver retira son manteau noir et le lança sur la rampe. Le fait qu'il manqua son coup le contraria énormément. Il dut le poser lui-même, mais son caractère joueur le fit retourner à sa place et relancer son vêtement pour tenter de le déposer juste.
Il échoua une nouvelle fois et son irritation commença à lui monter à la tête. Il hésita à retourner le chercher, son comportement était le même que celui d'un enfant mauvais perdant. Il fit mine de bouder et laissa le manteau par terre.
Carmen revint de la salle de derrière, elle vit l'habit par terre, la tête que faisait Silver et elle mit les poings sur les hanches.
« C'est pas vrai ! Tu vas pas recommencer ?!
- Mais, c'est pas ma faute si ta rampe rattrape mal...geignit-il. »
L'aubergiste soupira, ramassa le manteau et emporta le sac afin de penser à le remplir de nourriture le lendemain. Après cela, elle servit à son client une bière de rosette puis commença à nettoyer le comptoir.
Le vagabond se tourna vers la salle tout en buvant son breuvage. Deux autres personnes partirent et la pièce se vidait petit à petit. Son regard pers s'arrêta soudain sur une jeune fille installée non loin de lui. Elle avait une petite mine et la tête de quelqu'un qui se sentait perdu, seul dans un monde inconnu, étranger, hostile. Elle affichait des tics nerveux, ses yeux bougeaient vite, sa bouche se serrait par intervalles irréguliers, ses mains faisaient tourner inlassablement la chope qu'elle tenait sans jamais boire une seule gorgée si elle ne durait pas moins d'une ou de deux secondes. Silver la trouvait angoissée, perturbée, réservée ; il décida alors de l'aborder.
Carmen aperçut son regard vicieux traverser la pièce pour se poser sur sa protégée, elle secoua son torchon et frappa sa tête avec.
« Ne compte pas t'en servir comme les autres !
- Je ne savais pas que tu accueillais des minettes pareilles dans ton coin de paradis !
- Le coin de paradis pourrait bien se changer en antre de l'enfer pour toi si tu continues à embêter mes clientes. »
Silver ne fit pas attention à la remarque de l'aubergiste et il s'installa auprès de la jeune fille. Celle-ci évita promptement de regarder cet homme qui l'importunait plus qu'autre chose. Cependant sa présence devenait électrisante, bizarrement elle se sentait de plus en plus gêné de l'éviter, comme un aimant qui n'aurait d'autre solution que d'user sans modération de son pouvoir d'attraction, mais qui ne serait même pas obstiné d'attirer, juste pour une envie, un caprice. Elle lâcha prise et se tourna vers lui. Elle plongea son regard se plongea dans le sien et, soudain, elle vit un gouffre, plus immense encore que le ciel pouvait offrir de grandeur, un gouffre où l'oubli résidait et où passé rime avec lointain.
Le vagabond, frustré d'être dévisagé ainsi, chercha quelque chose à répliquer. Mais les yeux de cette jeune fille ne contenait rien, absolument rien, un vide absolu. Il eut peur de ce rien, de cette gamine qui ne pensait à rien, qui pouvait se permettre de rentrer dans l'esprit des autres sans être inquiétée d'être dévisagée. Pourtant au fond de ce rien, il sentait quelque chose. Un sentiment de tristesse, des pleurs, des larmes noyées dans les tréfonds d'un chagrin de solitude.
Silver fut terrassé par ce sentiment et il avança sa main pour repousser une mèche de devant le visage de la jeune fille, envahit soudainement par un sentiment d'empathie. Elle ne le vit pas de cet oeil-là et repoussa violemment la main de l'homme, faisant un mouvement de recul qui renversa la chope, laissant s'écouler sur la table le liquide qu'elle contenait.
Cette fois-ci, Carmen en eut assez. Elle se dirigea vers la table, bousculant le voyageur du coude et prenant la main de la jeune fille afin qu'elle ne s'affole pas.
« Il suffit ! Je t'avais prévenu Silver, mais il faut toujours que tu n'en fasses qu'à ta tête ! S'exclama-t-elle, mécontente. »
Elle envoya l'apeurée à l'étage où elle lui avait indiquée sa chambre, celle-ci déguerpit sans demander son reste, sous l'air mal à l'aise de Silver.

Mémoris avait du mal à remettre de l'ordre dans ses idées, et d'après ce qu'elle remarquait, sa perte totale de mémoire n'était pas seulement passagère. Elle se sentait perdue et ne savait que faire. Heureusement que l'aubergiste l'avait aidée et recueillie sur la plage. Elle lui avait généreusement proposée de rester ici, le temps qu'elle se remette de ses émotions et qu'elle reprenne ses aises. Mais Mémoris doutait de retrouver ses souvenirs aussi facilement. Un trou noir était infiltré en elle et elle avait du mal à s'en dépêtrer, comme si quelque chose l'empêchait de revoir le fil de son existence d'antan. Une énorme serrure indestructible s'était imposée dans son esprit, empêchant toute communication avec son « moi » intérieur qui la laissait tranquillement se débattre dans une mare de complexité spirituelle. En plus de cette confusion permanente, Mémoris découvrait petit à petit son propre caractère. Méfiant et sceptique, touché d'une pointe de curiosité et d'attirance vers le danger, et en même temps une fascination pour tout ce qu'elle découvrait, tel un enfant dans un univers inconnu pour lui, mais non dangereux.
Assise sur le lit de sa chambre, Mémoris ne parvenait pas à trouver le sommeil ce soir-là. Elle n'arrivait pas à trouver grand-chose d'ailleurs. Les questions venaient à une vitesse effrayante sans qu'une réponse n'offre un soupçon d'apaisement. Elle faisait les cents pas, tapait du pied d'un mouvement impatient, se gratta la tête, bref elle ne tenait pas en place. Elle se tourna brusquement vers le sac posé à terre. Ce sac qui était auprès d'elle pendant son « séjour » sur la plage. Elle plongea sa main à l'intérieur et en sortit le carnet brouillé, aussi fouillis que ses idées. Sachant pourtant que cela ne servait plus à rien, elle le feuilleta tout de même une nouvelle fois pour trouver quelque indice, n'importe quelle information susceptible de l'aider. Mais seul Mémoris était lisible. Ce Mémoris qui l'intriguait. Elle savait pertinemment que ça n'était pas son nom, mais elle pouvait être ainsi désignée. C'aurait été idiot de marquer son propre nom dans un carnet, à moins qu'il ne soit pas à elle...Et puis, pourquoi ce sang sur elle ? Peut-être était-elle pourchassée, que les assaillants voyant le sang l'avaient cru morte ? Le mystère s'épaississait. Au moins, il lui permettait de réfléchir à quelque chose au lieu de ruminer son vide intérieur.
Un bruit la fit sortir de sa torpeur. Mémoris se leva et alla ouvrir la porte de sa chambre. L'homme grossier de tout à l'heure entra sans vergogne dans la pièce et il prit rapidement ses aises, s'asseyant sur le rebord de la fenêtre ouverte. La jeune fille gardait ses distances. Il garda un calme détendu, néanmoins troublé par son imperceptible sentiment d'empathie qui demeurait en lui, étouffé par son orgueil.
« Je voulais m'excuser pour ma conduite peut-être un peu trop audacieuse. »
Comme aucune réaction ne se fit voir sur le visage de son hôte, il continua.
« Au fait, je m'appelle Silver, le coursier. Enfin c'est pas vraiment mon métier, mais pour le moment ça me permet de gagner un peu. »
La jeune fille le regarda d'un air presque amusé. Finalement il n'était pas méchant, juste un peu prétentieux. Cette appréciation ne lui déplut pas et il reprit de la vigueur.
« A présent que je me suis présenté, c'est ton tour !
- Je m'appelle Mémoris, dit-elle sans hésitation.
- Et bien...ce n'est pas un prénom courant ! C'est Mémoris...tout court ? »
Il était trop curieux, et Mémoris ne savait si elle pouvait divulguer sa non-identité à n'importe qui. Elle décida alors qu'elle pouvait lui faire confiance.
« En fait, je ne sais pas. »
Silver parut gêné, il ne pensait pas que cela serait si compliquer de parler avec elle.
« Hum !
- Je dois t'expliquer. Je me suis retrouvée sur une falaise de la plage, et je n'avais plus aucun souvenir de ce qui s'était passé, ni aucun souvenir du tout d'ailleurs. Et je suis perdue, je ne sais pas où aller, ni que faire...
- Mmmm...une fille bien mystérieuse en somme. Change de vie ! Trouve-toi un métier bien rémunéré et retrouve une existence neuve et paisible ! »
Sous le regard exaspéré de Mémoris, Silver éclata d'un rire franc et se leva brusquement de son siège pour se diriger vers la sortie.
« Je plaisantais bien sûr ! On n'échappe pas à son passé. »
Il ouvrit la porte et sortit.
Mémoris le regarda faire sans réagir. Elle baissa la tête et réfléchit à ses mots. Elle se dit qu'il devait avoir raison, et aussi qu'il était idiot. Mais cela, ça ne sera pas la peine de le démontrer. Il fallait plutôt penser à un plan d'action, quelque chose à faire, une quête. Le mieux à faire pour l'instant, était sûrement d'attendre un signe, un message, un indice. Cependant, la jeune fille n'était absolument pas d'humeur à attendre. Elle s'allongea sur le lit et se laissa balloter par le flot des songes.
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MessageSujet: Re: Mémoris   Mar 20 Mai - 19:05

Bon,je n'ai lu que le prologue pour le moment mais j'aime beaucoup.
Le style est bon,l'histoire a l'air prometteuse mais toute la description du lever de soleil sur le continent est un peu ... longue, dirais-je. Très bien menée, ça c'est sur. Tu as du style et tu sais le mettre en valeur.
Mais ce genre de chose,on le sait. Je veux dire,ça se passe pareil dans notre monde donc si tu n'as pas d'élément vraiment percutant qui change de l'ordinaire, je te conseillerais de raccourcir le tout. Ça évitera, si tu as un lecteur qui n'aime pas trop les longues descriptions, qu'il s'ennuie et passe à autre chose - même si elle sont très bien faites, je maintiens.

Sinon ensuite, j'ai deux petits reproches ( pas grand chose, juste du chipotage, ne t'en fais pas). Quand tu parles des deux prêtres, cette phrase m'a gênée : "« Lester ! Qu'avez-vous fait ? Est-ce vous qui avez provoqué cette énergie spirituelle tellement puissante ? "
je pense que tu devrais t'arrêter à "Qu'avez-vous fait ?" parce que la suite donne l'impression que tu veux mettre du suspens en excitant notre curiosité sans donner les détails. Seulement l'effet que ça me fait c'est qu'on devrait déjà savoir de quoi tu parles - ou alors c'est un peu maladroit : tu en dis trop ou pas assez. Si tes personnages savent de quoi ils parlent,ne laisse pas d'indices pour une personne externe. Il apprendra plus tard de quoi il retourne Wink

Enfin, la jeune fille (ton héroïne je suppose ... mais comme je n'ai pas encore lu le chapitre 1,on verra). La seule chose qui m'embête c'est ta façon d'amener sa perte de mémoire. Tu as voulu finir sur une phrase choc mais elle est trop prévisible j'ai envie de dire. On avait compris avant ... Lorsqu'elle se demande qui elle est en lisant le mot sur le carnet. Ça fait un peu répétition pour moi. Ou alors annonce-le de façon plus personnelle . Du genre : "elle se rendit compte qu'elle était amnésique".

Mais bon, tout ceci ne sont que de vagues conseils, rien de plus, et je maintiens que tu écris très bien - surtout pour un premier jet peu corrigé.
J'essayerai de lire la suite prochainement mais bravo pour ce début déjà Very Happy
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Asahi
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MessageSujet: Re: Mémoris   Mar 20 Mai - 21:38

J'aime beaucoup mais il arrivce qu'on s'embrouille un peu entre les personnages, surtout entre Mémoris et Silver.......

Mais je veux la suite !
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MessageSujet: Re: Mémoris   Mer 21 Mai - 21:35

Merci pour les critiques !!

C'est vrai que j'ai pas mal réfléchi sur mon prologue de savoir si à la place du début, je mettais un évènement de passé [que je ne divulguerai pas ^^] assez important, mais ça en aurait trop dit tout de suite, donc j'en suis restée à la description. Mais si elle est un peu pompeuse, je vais sans doute la raccourcir oui.

Pour la suite, comme l'évènement dont ils discutent n'allait pas etre expliquer avant un sacré bout de temps, j'ai voulu expliciter un peu. Mais après tout, je peux y laisser en suspens. A voir, pareil...

Quant à la remarque sur la perte de mémoire, je pense que tu as raison, maintenant que j'y ai relu plusieurs fois ^^ donc je vais y penser.

Merci encore pour ça, et j'essaierai de faire de mon mieux.

Asahi => on s'embrouille sur qui dit quoi à qui, ou sur leur personnalité ? si c'est la 2e solution, c'est normal, le début de l'histoire, ça débarque un peu de tout les côtés avant qu'on connaisse mieux ^^
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Asahi
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MessageSujet: Re: Mémoris   Jeu 22 Mai - 14:35

je dirais qu'on s'embrouille un peu pour savoir qui parle. A un moment j'ai cru que Mémoris était un garcon et puis non. Et l'entrée en scène de Silver est un peu floue....
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Morgane

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MessageSujet: Re: Mémoris   Jeu 22 Mai - 20:33

Ah bon ? Pourtant, j'ai mis des "elle" dès le début ^_^'

Enfin, c'est vrai que j'ai un peu de mal à mettre en place les dialogues. Pour Silver, j'aurai pas dû modifier son entrée, la première version était mieux finalement.
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MessageSujet: Re: Mémoris   Ven 23 Mai - 18:20

Alors ... j'ai lu le chapitre 1 ^^
et je reste sur mon impression première,à savoir que tu écris très bien. Ceci dit,j'ai trouvé (surtout au début avec l'arrivée de Silver) quelques petits éléments qui à mon avis mériteraient de revenir dessus :

(bon,je suis cavalière donc forcément ça m'a frappé , désolée si tu trouves ça vraiment trop poussé) alors, lorsque tu décris l'avancée de ton cheval et de son cavalier, le coup d'expliquer vaguement les changements est bien choisit et bien fait. Mais "pousser des branches", c'est maladroit : si ton cheval pousse vraiment des branches,tu as deux choix : où il se prend dedans et se fait mal, ou - et c'est la grande majorité - c'est son cavalier qui se prend le tout et peut être désarçonné au pire, au mieux se faire mal mais il n'aura pas envie que ça se reproduise et dirigera mieux sa monture le coup d'après.

et si tu veux aussi ,pour parler de sa robe noire qui devient d'une autre couleur, tu as la transpiration : quand ça arrive à un cheval, de l'écume blanche se forme sur lui. ça peut-être un autre détail à insérer si tu veux.

ce sont des "rênes" et non pas des "rennes" (ceux ci étant les bêbêtes du Père Noël ^^ mais ça c'est une faute d'inattention,je n'en doute pas)

euh,de même que le coup des branches, mais là un peu plus grave,à mon avis : je vois mal un cheval arriver à renverser tout ça. Un sac ou un panier, à la rigueur, et encore ... mais alors un tonneau plein et une échoppe ! j'ai quand même du mal à y croire, parce qu'encore une fois, il va se faire sacrément mal s'il ne se casse pas la figure ...

Ensuite,je ne suis pas vraiment d'accord avec Asahi à propos de Silver et Memoris. Enfin,je veux dire que ça ne m'a pas gênée et que la distinction entre les deux m'allait parfaitement.
Par contre, autant j'aime beaucoup l'entrée de Silver,autant le passage du manteau m'embête. Pas en tant que tel - on peut tout à fait imaginer un personnage un peu gamin - mais par rapport à ce que tu décris ensuite. Silver me semble être un personnage plus mûr, plus au delà des enfantillages de ce genre même s'il reste un peu cabotin. Ça ne colle pas avec son caractère je trouve.

Pour la suite,je n'ai pas grand chose à dire, à part que j'ai beaucoup aimé ta façon de décrire le psychisme (je ne sais pas si on peut vraiment appeler ça comme ça) de Memoris. Belles tournures de phrases.

En espérant ne pas avoir trop chipoter (j'ai tendance à en faire trop sur de menus détails ...), j'attendrais la suite ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Mémoris   Ven 23 Mai - 20:15

Super une cavalière ^^ ça tombe bien, je n'ai jamais fait de cheval et il y a plusieurs passages de course à cheval dans lesquelles j'aurai aimé l'avis d'un pro ! Je te demanderai à l'occasion.
Oui, pour rennes/rênes, c'est une inattention ! Mais je dois aimer ce mot "renne" parce que j'avais aussi inversé plus loin renne et reine, alors bon, faudra que je fasse attention sur ces sonorités !
Note pour la scène du manteau : c'était plus un trip qu'autre chose, je te rassure ! Je n'avais pas l'intention de la laisser =D

Donc voici la suite !!



Le village de Guildemay était un des nombreux parmi ceux qui bordaient les plages, tous vivaient grâce aux récoltes des fleurs de rosette. Mais à part ce commerce de boissons, de pâtisseries ou de bouquets parfumés, cet endroit restait quelque peu reculé du monde. Le continent a longtemps demeuré une île jusqu'à la construction du grand château de Tasnica, où régnait la reine Selena, la première femme à gouverner en Alaziaba. Certains avaient été un peu réticents, mais elle avait été vite acceptée par son autorité et sa bienveillance. Elle a construit un pont pour pouvoir relier Stelna au continent de Esta, et ainsi, permettre la communication terrestre des deux pays.
Cette nuit-là, le village fut réveillé par une dizaine de cavaliers. Ils arrivèrent à l'entrée et commencèrent à fouiller les maisons, frappant à chaque porte, parlant bas et traverser les rues en long et en large.
Mémoris sauta hors de son lit et regarda par la fenêtre restée ouverte. La pluie tombait à flot, en contradiction avec le soleil radieux de la journée précédente. Son coeur soudain battit plus fort que d'habitude et elle eut la crainte que ces soldats venaient pour elle. Qui savait si elle n'était pas recherchée pour vol, trafic, meurtre ? Ne connaissant pas le moindre de ses actes passés, elle pouvait s'attendre sans cesse à être poursuivie, pourchassée. Tout à coup, elle entendit la porte de l'auberge s'ouvrir et des voix parvinrent à son oreille.
« Excusez-moi madame, nous devons fouiller le bâtiment. »
Suivi par des exclamations de Carmen, furieuse qu'on dérange ainsi un honnête commerce.
« Eh camarade ! Désolé, j'ai plus d'issue ! »
Silver s'engouffra dans la chambre, refermant prudemment la porte, son sac sur l'épaule et son épée à la main.
« Qu'est-ce que ça signifie ?! S'écria Mémoris.
- Je te l'ai dit, on n'échappe pas à son passé ! Et le mien risque de ne plus avoir d'avenir si je ne trouve pas un échappatoire dans les secondes qui suivent. »
Sans que la jeune fille ne repose une question de plus, il jeta un regard vers la fenêtre et observa ce qui se passait en bas. Quelques soldats étaient descendus de cheval et étaient déjà rentrés. Le reste partait dans d'autres rues, vers d'autres directions. Ils s'éloignaient de l'auberge. A l'évidence, il ne restait plus personne dans cette rue-là. L'homme sortit son arc et attacha une corde solidement au bout d'une flèche. Puis il tira la flèche qui alla se loger sur le toit de la maison en face. Il accrocha l'autre bout de la corde au pied du lit et tira dessus pour tester sa solidité. Il grimpa ensuite par-dessous et après un rapide salut de la main traversa la rue en hauteur. Mémoris se précipita à la fenêtre et ragea de le laisser ainsi partir. Arrivé de l'autre côté, Silver coupa la corde et reprit sa flèche. La jeune fille prit juste le sac avec le carnet, tira sur la corde pour la ramener en entier vers elle, puis sauta de l'étage, soutenue par la corde qui commençait à peine à se détacher du pied de l'armature du lit.
Les cavaliers dans l'auberge ouvrirent chacune des portes sans jamais trouver ce qu'ils cherchaient. En arrivant à la chambre la jeune fille, les soldats virent la fenêtre ouverte et la corde qui pendait en-dehors. Ils sortirent en courant et en criant des jurons, et ils se dirigèrent dans le bâtiment en face. Mémoris sortit de sa cachette située entre deux étroites ruelles et elle leva la tête pour voir où Silver pouvait être parti. Elle se mit alors à traverser le village en long et en large, suivant les bruits de pas qu'elle percevait faiblement du haut des toits.
Silver s'élança sur les hauteurs et sauta par-dessus les profondes rues désertes. Il s'arrêta tout à coup sur le toit d'une armurerie et s'appuya sur la cheminée afin de reprendre son souffle. Les sabots des chevaux claquaient sur les chemins couverts de pavés ; ils continuèrent leur route et passèrent à côté de l'occasion de la capture. L'homme descendit dans le magasin avec prudence en s'accrochant aux volets fermées, puis il s'engouffra dans l'écurie restée ouverte. Deux étalons gris bougèrent placidement la tête en apercevant l'arrivant furtif. Celui-ci détacha un des chevaux et lui attacha facilement une selle accrochée sur un mur où étaient alignés de nombreux équipements d'équitation. Avant de monter dessus, une silhouette noire devant la pluie battante attira son attention. Mémoris se tenait dans l'encolure de la porte et elle le regardait, l'eau dégoulinant de ses cheveux noirs. Silver sourit et enfourcha sa monture sans attendre.
« Tu t'attaches déjà à moi, princesse ?! Lui lança-t-il d'un ton moqueur. Laisse-moi passer ou je te piétine.
Sans façon, répondit-elle avec dédain. »
Le vagabond n'osa pas faire suivre l'action à la parole et il se planta devant elle sans broncher.
« Je...je veux venir avec toi ! Si tu es coursier, tu peux me conduire n'importe où ?! »
Elle fut extrêmement gênée de lui demander une telle faveur. Fort heureusement, sa gêne fut dissimulée par la noirceur de la nuit. Silver rit comme si Mémoris avait lancé une plaisanterie.
« Ma belle, tu ne penses pas avoir choisi le mauvais moment pour me demander pareille chose ?! Je doute que ma carrière passe en premier lieu devant une telle situation, mais après tout. Si tu n'es pas trop gênante et que tu te montres utile... »
Il lui prit le bras pour la faire monter derrière lui, elle eut paru aussi légère qu'une plume lorsqu'il la souleva.
« Tiens-toi bien ! On décolle ! »
Il fit claquer les rênes et le cheval démarra au quart de tour. Les cavaliers dehors, surpris, le virent passer en trombe, ils firent demi-tour et partirent à leur poursuite. Seuls cinq des soldats les suivirent, les autres s'apprêtant à repartir d'où ils venaient.
Le cavalier au foulard et la jeune fille aux cheveux de charbon sortirent du village au galop et s'engouffrèrent sur un petit chemin de terre. Les autres cavaliers du royaume les suivirent. Deux des premiers finirent par les rattraper à force de hurler après les chevaux fatigués, ils prirent leurs épées pour arrêter leur fugitif. Silver esquiva habilement le premier coup qu'on lui porta et il envoya un coup de pied bien placé pour essayer de faire tomber l'attaquant. Malheureusement, celui-ci se rattrapa et maintint toujours la même allure. Mémoris, voyant les difficultés qu'avait Silver à conduire le cheval et en même temps à empêcher les soldats de les rattraper, décida de passer à l'action. Elle ouvrit le sac de son cavalier en essayant de ne pas le déconcentrer ni de faire tomber quoique ce soit, en sortit l'arc qu'elle l'avait vu utiliser auparavant et tenta de manier cet instrument. Quoiqu'il aie pu se passer quelques années avant, elle se dit que peut-être les armes étaient son point fort ; et son inconsciente curiosité la poussait à des expériences à toute épreuve. Elle banda son arc, visa l'un des hommes et tira. Elle eut juste le temps de s'accrocher à son compagnon car le cheval avait fait un faux pas à cause de la route caillouteuse, puis vit le soldat à terre et son cheval s'arrêter de courir. Silver
eut un sourire admiratif.
« Bien joué, gamine ! »
La jeune fille s'étonna de ses capacités si développées au tir à l'arc. Cela allait de soi, elle n'avait pas accompli un très grand exploit en soi-même. Cependant, tirer sur un cheval au galop sans grand équilibre sur des ennemis derrière soi, d'autant plus des soldats du royaume apparemment, cela nécessitait plus de doigté que de simple volonté. Son corps avait donc plus de mémoire que son esprit.
C'est une bonne chose, meilleure que celle de faire confiance à un homme idiot et attirant le danger ! Mais on ne se refait pas après tout, si l'on ne va pas à l'encontre du danger, c'est le danger qui vient à notre rencontre. Mémoris décidait beaucoup de choses sur le coup depuis que sa tête lui faisait défaillance, ainsi elle décida sans attendre qu'elle était très bon archer. Elle tira sur le deuxième cavalier qui tomba à son tour. Elle s'apprêta à crier un cri de victoire lorsqu'elle sentit le cheval bifurquer soudainement...dans une forêt.
« Mais qu'est-ce que tu fais ?! S'écria-t-elle.
Je nous sauve la vie !! T'inquiète pas, je sais ce que je fais ! »
Les autres soldats ne lâchaient pas leur proie, ils réussirent à les rattraper même. Entrés dans les bois, la poursuite devenait difficile. Il n'y avait pas plus de point de repère que de chemin fiable. Ils fonçaient, à peu près tout droit, esquivant les branches des arbres et les buissons. Ils tinrent leur survie à l'habileté de Silver à guider l'animal qui ne se sentait pas à l'aise dans ce manque d'espace. Mémoris entendit soudain une flèche siffler près de son oreille droite. Les cavaliers qui semblaient déterminés de les arrêter, comme si une prime leur servait de carotte dirait Silver, s'étaient placés en triangle autour d'eux. Un de chaque côté, et le dernier derrière eux. Mémoris continua à s'accrocher de près à Silver car le cheval accélérait encore sa course.
« Tiens-toi bien, ça va secouer !! hurla ce dernier. »
Devant eux, une large crevasse s'étendait, en bas de laquelle coulait une petite rivière secouée par la lourde pluie qui tombait. Mémoris fut horrifiée de voir là où ils se dirigeaient, cependant une excitation prit le creux de son ventre et ne la quitta pas. Silver fit un large sourire en pensant à la cascade qu'il allait effectuer pour ébahir les soldats et impressionner la charmante demoiselle derrière lui.
D'un coup, le cheval se cabra et s'élança au-dessus du trou béant. A ce moment-là, le temps parut ralentir et la traversée n'en fut que trop longue, ainsi que la chute terriblement haute. Les gouttes tombaient moins fortement sur les visages des héros élancés, visages plus amusés que terrifiés ; tandis que les cavaliers encore à terre les regardaient avec un air étonné et interdit, mécontents que leur proie leur ait échappé, sachant qu'ils ne pouvaient plus faire comme eux. Soudain, l'animal atterrit de l'autre côté et ils s'éloignèrent très vite à travers les arbres de leur rive, laissant leurs poursuivants faire demi-tour avec des têtes abattues.


Bon y a des moments où ça fait peut-être un peu cliché héroïque ! (ou indiana jones, comme vous voudrez ^^) Par exemple, lorsque Silver lance une flèche de l'autre côté de la rue, qu'elle arrive du 1er coup et que la corde tient, ceci tient du miracle.
Egalement, (c'est là où je voulais que tu me dises quelques limites de cavalerie Morrigan) la course-poursuite dans la forêt. Bon déjà ça se passe dans une forêt, on pourrait dire forêt légère mais y a toujours des branches, Mémoris qui lance une flèche très habilement, on peut penser qu'avant son amnésie elle était championne de tir à l'arc national, et le saut du gouffre, j'imaginais qu'il était large mais faut pas qu'il le soit trop je pense ! Avec le ralentissement du temps en plus, je n'en dis pas plus...
J'ai dû voir trop de films d'action x_x
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MessageSujet: Re: Mémoris   Ven 23 Mai - 20:17

déja le titre... intrigue ! (il faut le dire en anglais ?? ^^)
ensuite le prologue... très bien écrit et très intriguant aussi !
et le chapitre 1 se laisse lire et demande une suite ! c'est obligatoire ! alors... Grouille l'imagination n'attend pas lol

ps: DINGUE ! juste quand je te poste mon avi tu arrives avec un autre chapitre ! je suis combler !
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MessageSujet: Re: Mémoris   Ven 23 Mai - 20:48

Wou, joli passage !!
Alors,je n'ai pas grand chose à redire mais au départ, tu parles au passé composé alors qu'il serait de mettre du plus que parfait. exemple : "Le continent a longtemps demeuré une île", serait mieux en "Le continent était longtemps demeuré une île".

Ensuite,j'ai relevé une "encolure" de porte. Alors, l'encolure c'est soit le coup du cheval soit le bord du col de ton pull, mais on dit une "encoignure" de porte.

Enfin,pour la course poursuite à cheval : se battre sur un cheval,tout à fait plausible,ça arrive et des cavaliers très doués peuvent y arriver.
Que Mémoris tire sur un cheval, ok aussi (mais quand tu parles de manque d'équilibre,rajoute peut-être [ce n'est pas obligé] qu'elle a aussi un problème de visée ;ça bouge tout le temps ces bêtes-là alors pour trouver la trajectoire de la cible .. ^^).

Par contre,il faut savoir que porter deux cavaliers va fatiguer plus vite le cheval. Donc,c'est une bonne chose que tu ais mis que les gardes les rattrapent mais pour le saut au dessus du ravin ... ne le fait pas se cabrer. ca impliquerait qu'il s'arrête et perde son élan. Quand il saute,il prend juste une foulée d'appel - ça revient presque au même niveau description mais c'est le mot qui n'est pas bon.
Et pour en revenir au problème avec la surcharge,ça semble étrange qu'avec deux cavaliers il saute alors que les soldats ne peuvent pas ... réfléchis à ça,je pense que tu peux trouver une excuse.

Voilà,sinon très très bon extrait. Et oui,peut-être un côté Indiana Jones mais c'est tant mieux,j'adore ça Very Happy
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MessageSujet: Re: Mémoris   Sam 31 Mai - 23:17

Pour l'encolure, j'ai même pas pris le temps de vérifier le mot, je trouvais que ça faisait bien mais, comme quoi, il faut pas toujours se fier à son instinct !!
Pour le gouffre, c'est vrai que je n'avais pas imaginé cette dimension des choses (enfin un peu mais pas autant :S), je suis en train de réécrire ce petit passage, je sais déjà ce que je vais mettre à la place ^^
(pour Herm's, si tu veux dire que le 's' à la fin se prononce, je dirais que oui = Mémorisse)
En attendant, je mets un peu de la suite !




Un peu plus tard, plus en amont de la rivière, Mémoris se passait de l'eau fraiche sur son visage empourpré par l'agitation. Tout était encore embrumé dans sa tête, mais après les émotions de la nuit passée, le nombre de questions avait diminué de son esprit. La pluie avait cessé depuis quelque temps déjà et le soleil pouvait étendre ses rayons à travers les nuages fuyant. La jeune fille revint au petit campement installé par Silver, celui-ci animait le feu avec des brindilles et il passait en revu les vivres. Mémoris s'assit près du foyer et sentit le poids des nuits sur ses yeux ; elle n'avait presque pas dormi et elle regrettait bien maintenant d'avoir suivi ce rôdeur.
« Ça, ma fille, il fallait y penser avant, murmura-t-il comme s'il avait lu dans ses pensées.
- Où allons-nous ensuite ? L'interrompit-elle précipitamment.
- A Stargue. C'est un petit village à un petit mille d'ici, à peine plus grand que Guildemay. C'est là-bas qu'on se sépare. Non seulement je dois faire vite à cause des soldats qui me cherchent, poursuivit-il avant que la fille ne puisse répliquer, mais je n'ai aucune envie de jouer les nounous jusqu'à ce que tu retrouves la mémoire. Tu as besoin de repos, et il est très mal vu de voyager avec moi. »
Mémoris baissa la tête. Elle savait parfaitement au fond d'elle qu'il avait raison et elle découvrait aussi qu'elle détestait admettre qu'il avait raison. Malgré ses airs antipathiques, elle commençait tout juste à s'y attacher. Et voilà qu'il fuyait, telle la fumée dans le vent.
« Qu'est-ce que tu as fait d'ailleurs pour être poursuivi ainsi ?
- Ça ne te regarde pas. »
Le ton sec de Silver l'étonna, toutefois elle insista, désireuse de connaître les moindres recoins de sa vie palpitante.
« Ma course pour Malterne, c'est un parchemin que j'ai dû voler. Je ne sais absolument pas ce que c'est, mais ça a l'air vachement important pour les soldats du royaume se déplacent aussi nombreux.
- Et tu prends pour le type pour qui tu travailles ?! S'étonna-t-elle.
- Ce sont les risques du métier, ma chère, dit-il avec un petit rire. »
Mémoris enfouit sa tête dans le sac de l'homme tandis qu'il ouvrit un flacon en métal pour en boire goulument son contenu. Elle ressortit un vieux parchemin, roulé dans un ruban scellé d'un symbole en forme d'aigle enroulé d'un serpent. Silver se tourna vers elle et se précipita pour arrêter son geste. D'un seul coup, elle prit à peine le temps de lever la jambe qu'elle lui asséna un violent coup au menton. Le vagabond retomba sur le dos et se frotta la mâchoire avec un geste désapprobateur.
« Si tu veux mon avis, tu es trop fouineuse pour rester en vie bien longtemps...
Si tu veux mon avis à moi, ça m'étonnerait que j'ai une âme plus blanche que la tienne ! »
Elle détacha le sceau et déplia le parchemin. Le silence de fit tout à coup et Silver eut soudainement l'air impatient de connaître la nature du document. La jeune fille prit un air désappointé, regardant avec perplexité.
« Ce n'est qu'une vieille carte. De plus, ce n'est pas une carte d'Alaziaba...
- Depuis quand tu t'y connais en géographie ? Demanda Silver en examinant à son tour la soi-disant carte.
- Ah oui, tiens. C'est bizarre, mais je pense me souvenir de la physionomie exacte de notre monde... »
Cependant cette nouvelle ne la réjouit guère. Qu'allait-elle faire de ces connaissances pour retrouver une mémoire perdue ? Mis à part ne pas se perdre, ça n'était pas très utile.
Silver approuva son affirmation sur le parchemin. C'est vrai qu'il ressemblait à une carte. Il y avait de grandes taches qui semblaient être des continents et des petits dessins qui indiquaient des reliefs ou des mers. Pourtant il y avait comme des runes tracées un peu partout, et des points recouvraient tout ce petit monde, tel des étoiles. Seul un sage d'Alaziaba aurait pu déchiffrer ce charabia, mais cela n'était pas leur affaire et il rangea la carte dans son sac. Il conseilla à Mémoris de dormir un peu avant l'aube malgré la terre humide par la pluie, et il éteignit le feu . Au petit matin, ils partirent d'un bon pas à Stargue, le cheval à leur côté.

Comme chaque année à cette période, Léna vendait des splendides bouquets de fleurs de toute sorte. Elle possédait en effet un immense jardin un peu reculé du village où elle faisait pousser des plantes de formes et de couleurs toutes plus inimaginables les unes que les autres. On se demandait souvent comment elle pouvait avoir une main verte si efficace. Léna était une jeune fille charmante, elle était d'ailleurs beaucoup plus jeune que son âge. Elle paraissait en avoir seize alors qu'elle disait en avoir à peu près trente-sept, ou quarante-deux, ou parfois même dans les quatre-vingts-dix ans. On racontait qu'elle prétendait cela car elle avait un esprit aiguisé et réfléchi. Son corps était aussi en contradiction avec son visage. Celui-ci était souriant et angélique entouré de longs cheveux blonds, mais elle possédait un petit corps fait et développé avec une poitrine généreuse. En réalité, Léna était de ceux que l'on appelait les Jinkas, ou plus communément aux légendes, les dryades. Ils vivaient en harmonie avec la nature et possédaient des visages d'enfant, ils pouvaient vivre environ jusqu'à deux cents ans. Léna le cachait aux gens des villages voisins, mais elle s'amusait à raconter aux enfants les mythes des bois qu'elle avait appris lorsqu'elle appartenait encore à la forêt, afin d'éblouir leur imagination.
Ce matin-là, alors qu'elle vendait un bouquet de ses plus belles primeroses bleues, un jeune garçon de ferme sauta sur la fenêtre et entra dans la boutique. Il avait des cheveux roux tirés en une petite couette, des grands yeux gris qui toisaient insolemment tout ce qu'il observait. La jeune femme qui était venue acheter des fleurs le regarda avec mépris, elle prit vivement son achat et partit sans demander son reste. Léna regarda le garçon en soupirant.
« Tu es toujours autant apprécié, on dirait... »
Le visiteur afficha un sourire insolent. Il portait un long manteau blanc taché de poussière dans le bas et se tenait toujours dans une position féline. Il marcha jusqu'à la fleuriste et lui tendit un objet. C'était un bracelet taillé grossièrement dans du bois, des symboles étranges étaient gravés à l'intérieur. Léna semblait ravie et elle prit le bijou pour l'enfiler à son poignet.
« Tu l'as retrouvé Kurai ! Je suis si heureuse, je croyais ne plus le revoir, s'écria-t-elle de sa petite voix fluette.
- Je t'avais dit de ne plus te balader près de la rivière ! Les sirènes aiment les parements comme celui-ci et n'hésitent pas à les voler.
- Mais enfin ?! Tu sais bien que les sirènes n'existent pas ! »
Kurai lui fit un clin d'oeil renvoyé et Léna émit un petit rire enfantin. Il était le premier à qui elle avait raconté tout ce qu'elle avait vu dans la forêt, les créatures les plus extraordinaires. Elle retourna derrière le comptoir et arrangea un groupe de fleurs qui commençaient à faner. Elle fit signe au garçon de partir, celui-ci repassa par la fenêtre et sauta du rebord comme un chat. Il se dirigea vers le centre du village en faisant tourner une pièce dans ses mains.
« Je n'aime pas voler Léna, pensa-t-il, mais c'est tellement rare, et elle préférerait ça à mes vols à l'étalage quotidiens. »
Il repoussa une mèche de devant son visage et décida d'aller faire un tour à la taverne.
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MessageSujet: Re: Mémoris   Dim 1 Juin - 18:16

Je n'ai qu'une observation,ce coup-ci : si Silver ne veut pas répondre sur sa vie, c'est un peu étrange qu'il accepte aussi facilement après une petite insistance. Je pense que ce que tu veux dire, c'est que Mémoris insiste longuement, mais il faudrait le mettre explicitement -ou alors il a râlé juste pour la forme ^^

sinon,rien à redire d'autre. c'est toujours agréable à lire et j'attendrais la suite
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MessageSujet: Re: Mémoris   Sam 21 Juin - 19:19

Voilà, je mets une petite suite ^^




La taverne de Stargue était très animée ce jour-là. De nombreux voyageurs avaient décidé de se rendre à la ville. Elle accueillait aussi des bardes qui contaient quelques histoires de héros de passage, tandis qu'une danseuse aux cheveux argentés se trémoussait au rythme des chansons. Le barman à la grosse barbe noire hurlait après un homme bourré à la mise grise, une serveuse en petite tenue se faisait aborder par un groupe de guerriers méprisants, et un énorme rat se promenait parmi les bouteilles et les chopes qui se remplissaient.
Silver se frayait un passage au milieu de la foule des clients amassés devant le bar, il tenait deux chopes remplies d'un liquide brunâtre. Il se dirigea vers une table coincée dans un coin de la pièce, Mémoris l'y attendait avec une moue dubitative.
« Tu crois que c'est une bonne idée ?
- Mais oui ! L'alcool résout toujours les problèmes. Peut-être que si on te rend ivre, tu vas retrouver ta mémoire. Allez, bois, fais-toi plaisir ! »
La jeune fille renifla rapidement et but aussitôt une gorgée. Juste après, elle fit une grimace de dégoût et regarda son voisin qui vidait son breuvage sans commentaire.
« Baaa, qu'est-ce que c'est que ça ?! C'est immonde !!
- Oh, si tu n'y mets pas du tien...répliqua ironiquement Silver. »
Elle lui tira la langue comme réponse, et elle but tout de même la boisson. Elle avait soif et elle était fatiguée. Cela faisait seulement presque une journée qu'elle s'était réveillée sur cette falaise. Elle avait déjà traversé plusieurs kilomètres et elle n'avait pas mangé une seule fois. Autant profiter d'être l'invitée de ce mystérieux cavalier, elle prit les devants et appela la serveuse pour commander un plat.
Quelques minutes plus tard, Mémoris dévorait un morceau de viande énorme avec des pommes de terre, sous l'oeil amusé de Silver, qui buvait un simple bol de soupe. Elle ne sortit de son assiette que quand celle-ci fut vidée complètement. Elle s'essuya sauvagement la bouche du revers de la main, avant de s'étirer. Soudain, le grand barman cassa une bouteille. Il avait sur le comptoir avec un gourdin énorme, et à côté de lui, un jeune garçon se tenait accroupi avec un poulet entier dans la bouche.
« Encore toi, maudit voleur ?! Espèce d'animal, cette fois tu ne m'échappera pas !! »
Il visa la tête du garçon, mais celui-ci lui échappa encore en sautant habilement sur l'un des tables de la salle. Un homme assis là brandit son poignard pour l'attraper, puis un archer banda son arc afin de l'abattre.Mais le garçon évitait tous les assauts, il sautait partout tel un chat en fuite. Les gens de la taverne criaient des « A mort le démon ! » après l'acrobate. Il réussit à atteindre la porte de l'entrée et à sortir du bâtiment sans une égratignure. Une grande partie des clients le suivirent en poussant des cris de guerre. Silver paraissait se réveiller et il tourna à peine la tête pour jeter un oeil à la bataille.
« Voilà ce qui arrive quand on se voue à une carrière de voleur...soupira-t-il. Enfin ! Je peux parler... »
Cependant la jeune fille avait regardé l'importun avec des yeux ronds, quelque chose avait percuté son esprit. Elle se leva brusquement et se précita dehors en poussant les gens qui maugréèrent à son passage.
« Eh ! Où tu vas ?!
- Je crois que je me rappelle de quelque chose !! cria-t-elle. »
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MessageSujet: Re: Mémoris   Mer 25 Juin - 18:28

C'est un peu court pour juger mais dans l'ensemble très correct.
Au début,dans ta description de l'ambiance,j'éviterais de mettre "bourré"pour qualifier le type,c'est du langage un peu bas. A mon avis, "saoul" ferait mieux l'affaire.
Ensuite, "Cela faisait seulement presque une journée qu'elle s'était réveillée sur cette falaise. " l'association de seulement et presque est maladroite. Je comprends que tu veuilles marquer l'opposition entre le fait qu'elle s'est réveillée il y a peu de temps et qu'il lui est arrivé tant de choses depuis, mais peut-être devrais tu l'exprimer dans une phrase plus longue pour t'éviter une formulation difficile.
Sinon,ben,une suite un peu plus longue la prochaine fois ? Very Happy
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MessageSujet: Re: Mémoris   Sam 12 Juil - 13:28

Désolé pour l'extrait précédent un peu court, je me suis plus motivée pour la suite, voilà donc ^^



Kurai courut comme il pouvait pour semer ses poursuivants. Il eut un petit sourire malicieux avant de passer par-dessus une haute barrière en bois et de disparaître dans des buissons derrière. Les gens de de la taverne firent le tour pour le trouver, mais ils perdirent sa trace et abandonnèrent à contrecoeur en jurant après lui.
Le garçon sortit la tête du feuillage pour vérifier que plus personne ne le suivait, puis il se faufila jusqu'au magasin de fleur, pour enfin rentrer par la porte de derrière. A peine avait refermé la porte en poussant un soupir de soulagement qu'une main lui arracha violemment le poulet de la bouche ; et il vit Léna qui le regardait sévèrement avec le poing sur la hanche.
« Qu'est-ce que tu as encore fait cette fois ?! S'écria-t-elle.
- Désolé...j'avais faim et le tavernier n'a pas voulu me donner à manger.
- Tu n'avais qu'à me demander, tu ne peux vraiment pas t'arrêter de faire des bêtises ! »
Elle emmena le poulet dans sa cuisine et revint pour sourire à son petit protégé. Elle passa une main dans ses cheveux et il lui ouvrit de grands yeux enfantins. Tout à coup, un bruit à l'entrée fit sursauter Kurai qui se précipita derrière un meuble.
Mémoris se tenait dans l'interstice de la porte, essoufflée. Elle s'avança vers Léna qui prit un air inquiet et elle posa son regard sur le meuble servant de cachette. Léna s'interposa et demanda :
« Je peux faire quelque chose pour vous ?
- Je dois lui parler, répondit fermement Mémoris.
- Je ne vois pas de quoi...
- Laissez-moi le voir, l'interrompit-elle sur un ton suppliant, je ne suis pas un de ces fous qui s'en prennent au premier venu. »
La marchande se laissa émouvoir par l'air de la jeune fille et elle appela Kurai afin qu'il vienne. Celui-ci hésita, puis sortir lentement, s'avançant avec prudence. Mémoris l'examina de la tête aux pieds, elle savait qu'elle l'avait déjà vu. Elle connaissait ce visage, ces cheveux oranges, ce regard d'enfant. Elle s'apprêtait à parler quand un craquement détourna l'attention, et le garçon se réfugia derrière Léna. Silver entra en se frottant la tête et il salua de la main les personnes présentes. Il se tourna ensuite vers Mémoris.
« Je dois partir. J'ai suffisamment perdu de temps, dit-il d'un ton grave.
- Non ! S'écria la jeune fille. Ne me laisse pas toute seule !
- Je suis navré, je fais ça pour toi. Ce serait trop dangereux que tu restes avec moi.
- Mais je t'ai aidé, je ne serais pas un poids ! »
Silver baissa la tête. Lui aussi se faisait de la peine à se séparer d'elle. Il évita son regard et lui tourna le dos.
« Silver ! »
Il se retourna. Ce n'était pas Mémoris, mais Léna qui l'avait appelé d'une voix sèche et sévère. Elle avait perdu sa voix aiguë, et son visage semblait devenir celui d'une femme. Le regard de l'homme s'éclaircit, il s'approcha et lui prit la main pour observer minutieusement le bracelet, sous l'oeil accusateur de Kurai.
« Je ne pensais pas voir une Jinka en ville encore de nos jours, murmura-t-il. Et surtout pas toi...
- Viens avec moi, Silver. Dans la cuisine, j'ai à te parler. »
Ils s'éloignèrent et allèrent dans la pièce à côté en fermant la porte à double tour. Les deux jeunes se regardèrent avec étonnement, puis Mémoris se reprit. Elle posa des questions au garçon sur ses mystérieux souvenirs. Il lui apprit qu'il l'avait seulement retrouvée seule dans l'eau, avec le sac. Elle dérivait près de la plage et il l'avait tirée jusqu'en haut de la falaise. Elle s'était réveillée juste une fois, un bref instant ; et à ce moment, avec des yeux pleins de lucidité, elle lui avait murmuré : « All' Memoria om tragos sim ess diria... » Kurai se souvenait très bien de la phrase mais n'avait aucune idée de ce qu'elle signifiait. Puis il avait ramené Carmen pour loger la fille perdue. Mémoris prit bien soin de retenir la phrase étrange. Après cette brève discussion, ils parlèrent de choses et d'autres, racontant la vie qui se passait autour d'eux.

Le soir même, un chaudron rempli de bouillon, de bouts de viande et de légumes chauffait au-dessus du feu. Léna remuait le tout en ajoutant une poignée d'herbes séchées. La nuit était tombée et on pouvait voir les étoiles briller de mille feux. Dehors, il n'y avait plus personne, seules les maisons gardaient leurs fenêtres éclairées et parfois ouvertes. Les lucioles envahissaient les forêts et grenouilles et grillons chantaient sous le clair du croissant de la lune.
Quand Silver et Léna étaient sorties de la cuisine, ils demeurèrent silencieux, finalement le solitaire décida avec un grand sourire de rester. Mémoris s'était demandée ce qu'ils avaient bien pu se dire, mais elle était trop heureuse pour s'en soucier. Kurai avait insisté auprès de la Jinka, sans rien savoir en retour. Les deux étaient décidés à ne pas parler de leur conversation. La fleuriste avait fermé la boutique pour le reste de la journée et les garçons s'étaient attelés au travail dans le jardin, pendant que Léna racontait son enfance dans la nature à Mémoris qui buvait ses paroles au fur et à mesure des légendes. Le soir, la conteuse prépara le dîner avec le poulet volé et de la garniture qu'elle faisait pousser parmi les fleurs. Les hommes se reposaient dans la petite salle à manger, le repas allait être servi.
Celui-ci se passa dans le calme, mais non dans un silence absolu, car la jeune fille était curieuse de savoir comment Léna et Silver s'était rencontrés. Lorsqu'elle posa la question, ce dernier s'étouffa avec le bouillon et la Jinka rit discrètement ; elle posa sa cuillère et s'éclaircit la voix.
« C'est une longue histoire...
- Qui n'a pas le moindre intérêt, interrompit le sombre homme.
- Allons ! Gloussa-t-elle. Tu es vraiment rabat-joie ! Ca s'est passé il y a une vingtaine d'année, ce grand dadet était encore jeune et insouciant, bien qu'il le soit toujours. Il était très talentueux comme archer. Le corps svelte, un regard d'aigle, des doigts de fée...
- Bon, tu n'es pas obligée de faire d'éloge de ma physionomie non plus ?! Grogna Silver.
- Désolé !! Bref, il s'entrainait près de ma forêt natale, quand il perdit sa flèche au milieu des arbres. Il s'engouffra dans le bois afin de la retrouver, et c'est là qu'on se rencontra pour la première fois. J'étais sous forme végétale et ma transformation humaine s'achevait à peine ; je me lavais au bord de la rivière et...ce courageux humain arriva non loin. Je crois qu'aux premiers abords je l'ai impressionné, avec ma peau boisée et mes cheveux de racine. Pourtant, il s'approcha et m'adressa la parole ; ce fut alors moi qui me laissa surprendre. J'étais étonnée de voir de voir un humain s'aventurer si loin dans cette forêt, tout le monde disait qu'elle était maudite. Je crois que c'était de notre faute ! Et depuis lors, il revint tous les jours vers moi, observant mes finissions humanoïdes, et lui me racontait ce qu'il se passait chez les humains. Moi, je faisais ce que je sais faire de mieux, je lui racontais des légendes forestières. Puis vint le jour où ma transformation fut achevée et je devins telle que vous me voyez aujourd'hui. De ce fait, Silver et moi avons voyagé quelque temps dans le continent Esta. Jusqu'à ce qu'il disparaisse subitement. C'est tout ça lui ! Vous croyez le tenir bon, mais il vous file entre les doigts à peine le dos tourné. Donc je me suis installée parmi la population humaine et je suis devenue fleuriste. »
Léna avait raconté son histoire avec un ton très attrayant, accompagnée de Silver qui faisait quelques commentaires pour étoffer le récit. Comme Kurai était à moitié endormi dans son assiette, les gens décidèrent d'aller dormir. Les deux filles dormaient dans la chambre, l'homme se coucha dans un canapé dans la salle, et la garçon installa quelques couvertures par terre et se roula en boule. La nuit était calme et apaisante, les quatre habitants s'endormirent paisiblement.
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MessageSujet: Re: Mémoris   Sam 25 Oct - 23:00

Salut!
Je suis nouvelle sur ce forum et ton histoire est la première que je lise. Et je dois dire qu'elle me plaît beaucoup! Il faut dire que je suis fan de fantasy.
Je tenais d'abord à te dire que la "longueur" de ton prologue ne me gênait pas, à vrai dire j'ai tendance à faire la même chose: de longues et belles descriptions qui font rêver... Et quand on a lu Tolkien, ton prologue était très court! Lui ses descriptions font cinq pages!!!
Donc j'ai beaucoup aimé. Bien sûr il y a des fautes, mais qui n'en fait pas! Et vive le correcteur d'orthographe qui voit des fautes où il n'y en a pas et ne voit pas les vraies!
Ah je te signale juste une petite faute d'inattention dans ton dernier texte: quand Léna dit "c'est tout ça lui" ben t'as mélangé lui et ça: on dit plutôt "c'est tout lui ça". C'est du rien du tout comme faute, mais le genre que le correcteur d'orthographe ne voit pas.
Voilà j'attendrai impatiemment la suite! Wink
Biz
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MessageSujet: Re: Mémoris   Dim 26 Oct - 11:47

Merci beaucoup ! C'est vrai que par rapport à Tolkien, c'est du résumé !!! Mais bon comment être aussi spectaculaire ^^
Ah les fautes, nos ennemies >< je suis toujours désespérée de voir encore pleins de fautes après avoir relu 10 fois le même chapitre... Enfin c'est normal !
Bon je mets la suite !




Mémoris avait renoncé à demander à Silver pourquoi il acceptait de l'accompagner jusqu'à ce qu'elle ait retrouvé un minimum de ses capacités mémorielles. Cet homme était têtu, et même plus encore, il avait l'art parfait d'éviter les sujets qu'il ne voulait pas évoquer.
Le lendemain, les deux voyageurs préparaient leurs derniers bagages quand Léna les interpela. Elle tenait Kurai, qui faisait une tête maussade, par le bras.
« Il vient avec vous, déclara-t-elle, dans la surprise générale. »
La surprise se changea en joie du côté de la jeune amnésique, et en refus total du côté des garçons. En effet, ces deux-là ne s'appréciaient guère, mais la Jinka fut sèche et sous l'étonnement de Mémoris, elle les tenait bien sous son joug.
« Je l'ai recueilli étant très jeune, je ne sais s'il est orphelin et je doute qu'il soit totalement humain. J'aimerai juste que vous le meniez à un endroit où il sera plus à sa place...
- Je refuse de monter là-dessus, s'écria le concerné en désignant la monture du vagabond. »
Silver regarda le cheval qui semblait d'humeur triste, puis il donna les rênes à Léna en lui demandant :
« Je voudrais que tu le rapportes à Guildemay, au forgeron. Je ne suis pas un voleur et il sera mieux vers son vrai propriétaire. »
La fleuriste les prit et lui fit un large sourire.
Finalement, ils partirent à pied sous un ciel gris, en faisant un dernier signe à Léna. Silver avait décidé de passer à Malterne, là où il devait finir sa course. Puis ils iraient à la capitale, Tasnica, où il repasserait commande et ils auraient plus de chance de trouver des informations sur Mémoris.
La matinée fut très tranquille. Ils empruntèrent les petits chemins au lieu de prendre la route principale ; ceux-ci étaient plats et ils traversaient de charmants paysages. Une petite pluie avait commencé, mais les nuages s'étaient rapidement dissipés et un soleil radieux trônait au zénith. Après un repas frugal dont Kurai se plaignit sauvagement, ils repartirent pour une marche moins agréable. Il n'y avait presque que des prairies et le soleil tapait dur. Durant le trajet, personne ne dit mot. La discussion était rare, seuls quelques mots étaient échangés sur le parcours ou la nourriture. Mémoris demeurait plongée dans ses pensées, elle n'avait pas envie d'engager la conversation. Et puis, converser sur quel sujet ? Elle qui ne savait rien sur rien... Kurai était un gamin, il se baladait un peu partout en ne suivant jamais le chemin et en ramenant sans arrêt à manger. Mémoris pensa soudain à son âge. Elle n'en avait pas la moindre idée. Sa physionomie indiquait dans les dix-huit ans, mais peut-être en avait-elle plus ou moins. Ce propos l'attrista d'avantage. Silver qui remarqua son changement d'état, mit son bras autour de ses épaules. Ce geste était maladroit, mais il traduisait un réconfort.
En fin d'après-midi, les voyageurs arrivèrent à Malterne. Ce village ressemblait beaucoup à Guildemay, et ils pouvaient voir des ruines d'anciens murs tout autour. Sans doute était-ce une muraille qui datait de l'ancienne guerre.
Leur passage fut rapide, Silver alla porter la livraison à un homme au visage sombre et entouré d'une cape rouge sang. Celui-ci prit la carte vivement sans dire un mot et paya le coursier. Après quoi, ce dernier retourna vers les deux enfants qui admiraient les objets de la boutique. Ils repartirent alors aussitôt vers le Nord, en direction de la plus grande cité de Stelna.

Le lendemain, dans les rues de la basse ville de Tasnica, les marchands ouvraient leurs échoppes et recevaient leurs dernières marchandises. La ville n'était pas encore très agitée ; tôt le matin, c'était calme. Un apprenti forgeron qui se promenait avec son gros marteau heurta une jeune fille un peu distraite. Celle-ci se confondit en excuses avant de continuer sa route. Elle avait de longs cheveux blond clair attachés en deux tresses, et elle possédait des yeux turquoises allongés. Elle passa ses mains sur sa longue jupe de lin et réajusta son petit haut à grand col. Elle se dirigeait vers la haute ville, traversant le porche du plateau supérieur. Les rues de ce côté de la ville étaient presque désertes, il n'y avait que les plus riches qui vivaient ici. La jeune fille marcha jusqu'aux portes du château et montra un bout de parchemin aux gardes. L'un des deux ouvrit la porte et la pria de le suivre. La château était plus haut que large, il restait assez modeste, pour un château qui n'avait plus besoin de défense. Quelques servantes portaient leur plateau et pouffaient entre elles, un paysan était venu avec sa chèvre pour se plaindre, des moines encapuchonnés allaient et venaient dans le silence le plus total. Le couloir principal débouchait sur une très grande salle où une longue table sur laquelle résidaient des papiers en désordre menait à la reine qui était assise au bout.
Le garde s'approcha et murmura quelques mots à sa majesté qui leva la tête et lui fit un signe. Sur ses ordres, la jeune fille timide s'avança et fit une grande révérence à laquelle la reine s'empressa de mettre fin.
« Je vous en prie, annoncez-moi l'objet de votre visite, dit-elle calmement.
- Je vous apporte des nouvelles du Grand Sage d'Alba, votre majesté... »
Selena se leva et la jeune fille fut impressionnée par sa prestance. Cette dame avait bien l'allure d'une reine et elle dégageait une aura royale et imposante.
« Lui qui se fait si discret d'habitude, ça doit être important...Et qu'a-t-il à m'apporter ce bougre ? S'exclama-t-elle en souriant...Quel est votre nom ?
- Perle, ma reine. Le Grand Sage souhaiterait vous voir à la réunion qu'il organisera dans les dix jours qui viennent, vous et les autres souverains. C'est à propos de la lueur rouge et de ses récentes inquiétudes. Ce sera au temple sacré.
- Les Alaziens ne sont décidément bons qu'à annoncer des mauvais présages...soupira-t-elle. Je pars dans deux jours, il faut que je lui parle de toute urgence. Merci Perle, vous pouvez disposer. Et avertissez-le de mon arrivée imminente. Quoique ça ne m'étonnerait guère qu'il ne la prévoit ! »
Perle s'inclina et ressortit, accompagnée du garde. Prévoyant qu'elle ne rentrait pas tout de suite à Alba, elle retourna à la basse ville, chez sa cousine qui lui laissait la petite maison libre. Elle s'assit à une chaise, ferma les yeux et se concentra intensément. Une fois son esprit connecté au réseau télépathique, elle rechercha l'esprit du Grand Sage qui était puissant et rapidement détectable.
« Qu'y a-t-il Perle ?
- J'ai transmis le message à la reine, elle sera là dans deux jours.
- Très bien, je compte sur vous pour rester vers elle durant ce laps de temps.
- Bien. »

La connexion fut brisée, une goutte de sueur s'écoula du front de la jeune fille qu'elle se dépêcha d'essuyer. Elle arrivait à communiquer à longue distance, mais encore avec difficulté.
En déposant son sac sur le lit, quelque chose bougea de son bagage. Une fouine blanche en sortit et vint se nicher sur ses épaules. Perle regarda une fois de plus le ciel clair, elle pensait aux propos du Grand Sage.
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MessageSujet: Re: Mémoris   Lun 27 Oct - 16:31

Une suite très intéressante avec l'arrivée de nouveaux personnages, il me tarde de voir le reste!
C'est toujours aussi bien écrit et plein de suspense, bravo!
Biz sunny
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MessageSujet: Re: Mémoris   Jeu 11 Déc - 20:35

Au même moment, en Stelna, trois voyageurs croisèrent la route au travers d'un champs. Silver soupira et dit qu'il était aussi bien qu'ils prennent la route pour arriver plus vite en ville, les détours rendaient le voyage terriblement long. De plus, si les soldats de l'autre nuit étaient toujours à sa poursuite, ils seraient déjà réapparus.
Au bout d'une heure, Mémoris en avait assez et elle confia aux garçons qu'elle avait envie de parler. Ces derniers moments de silence lui rappelaient à quel point elle avait la tête vide. Kurai approuva, il s'ennuyait à en mourir depuis qu'ils avaient quitté la forêt. Et Silver lui avait donné son sac à porter pour calmer son tempérament impulsif. L'homme demanda alors à la jeune fille de parler de ce qu'elle avait retenu de ses « cours de géographie », sous prétexte d'instruire un peu Kurai. Elle lui expliqua ce dont elle se souvenait de la physionomie du monde.
Alaziaba était un monde plat, engouffré dans un trou au milieu d'un océan perdu. Les religions pensaient qu'il n'y avait que des monstres au-dessus. L'eau devait peut-être être évacuée chaque année, car les cascades du gouffre coulant sans interruption, les mers auraient dû recouvrir les continents.. Au centre de Alaziaba se trouvait le petit continent Alba, qui était le premier continent ayant émergé. A l'Est, il y avait le grand continent Telba qui longeait le bord du gouffre du Nord-Est au Sud-Est. A l'Ouest résidait le continent Esta, plus large, il est rattaché à un plus petit continent plus au Sud, Stelna. Récemment, une grande île était apparue un peu plus au Sud d'Alba, sous le nom d'Iméra.
« Je ne pensais pas que le monde était aussi grand ! S'exclama Kurai. J'aimerais bien aller partout et rapporter des fleurs pour Léna. »
Mémoris lui sourit et lui affirma qu'elle avait déjà beaucoup de chance d'avoir des fleurs de rosette. Elle se demanda elle-même si elle venait d'un autre continent. C'était probable puisqu'elle avait été retrouvée dans la mer ; elle avait sans doute dérivé d'on ne sait où.
« Peux-tu éclairer cet enfant sur l'histoire de notre monde ? Lança-t-il ironiquement. »
Mémoris pensa qu'il voulait parler des Alaziens. Malheureusement ses connaissances dans ce domaine étaient plus que confuses. Autrefois existait un peuple nommé les Alaziens, au temps où il n'y avait qu'un seul continent. Ils possédaient des pouvoirs, ou plutôt des capacités dû à l'exploitation de leur potentiel psychique. Puis ils commencèrent à disparaître à la venue des hommes. A part le principal, la jeune fille ne se souvenait guère du passé. Silver lui dit en riant :
« Peut-être es-tu une des dernières Alaziennes ?
- J'y ai pensé sérieusement, figure-toi ! Mais il est évident que je n'ai aucun pouvoir. »
L'homme se tut et demeura pensif. Apparemment, il replongeait dans son état de penseur invétéré. Kurai ne tenait plus en place après avoir entendu ces histoires. Il voulut savoir s'il existait d'autres personnes comme lui. Après l'avoir regardé, indécise, Mémoris comprit son propos. Comme en avait parlé Léna, ce garçon devait faire parti d'une race féline ou quelque chose dans ce genre. Elle lui affirma qu'il y avait sans aucun doute beaucoup d'autres gens comme lui. Ensuite il lui posa pleins de questions sur un tas d'autres choses, auxquelles elle tentait de répondre du mieux qu'elle put, malgré ses connaissances extrêmement limitées dans le domaine.

Alors qu'ils marchaient tranquillement vers la ville, Mémoris sentit que quelque chose n'allait pas. Bien qu'il faisait très chaud, elle avait l'impression d'étouffer de l'intérieur, comme si ses poumons étaient en feu. Elle ressentait aussi une vive douleur au niveau du coeur, et soudainement, elle tomba sur les genoux, toussant d'une force à vouloir recracher son être. Les deux garçons se précipitèrent vers elle et Kurai la frappa violemment dans le dos. Elle eut une convulsion, du sang coula au coin de sa bouche, elle s'évanouit et Silver la rattrapa avant qu'elle ne tombe à terre.
« Efficace ton remède, jeta-t-il avec un regard noir.
- Au moins, elle ne tousse plus ! Répliqua Kurai. »
Ne voulant pas s'énerver contre le gamin, Silver porta la jeune fille dans ses bras et regarda l'horizon. Puis il pointa une colline du doigt.
« Il y a un village non loin d'ici, au pas de course on y sera rapidement.
- Au pas de course ?! Mais je... »
Avant qu'il n'ait pu répondre quoique ce soit, ils étaient déjà sortis de la route et partaient vers la bosse du paysage.
Dix minutes plus tard qui leur parut une éternité, ils parvinrent au village, essoufflés. Malgré cela, Silver trouva encore une once d'énergie dans ses jambes et il marcha vite en direction du puits du village, où une fillette remontait de l'eau. Il s'exclama à la va-vite qu'il devait voir un médecin. La demoiselle lui indiqua une maison où pendait un drap rouge à la fenêtre. Il y alla et, sans frapper, poussa la porte du pied. A l'intérieur, une femme qui lisait apparemment lâcha son livre et s'étonna de voir une intrusion pareil dans sa maison.
« Puis-je savoir ce que cela signifie ?! »
Sans dire un mot, Silver posa le corps inerte sur la table. La femme commença à l'examiner pendant qu'il expliquait ce qui s'était passé.
« Je vais voir ce qu'elle a, fit la doctoresse. Mais je n'ai pas besoin d'une boule d'excitation comme vous ici ! Dehors ! »
Silver sortit de la maison, agacé qu'on ne lui permit pas de rester. Il s'assit sur le bord du puits et commença à fumer une pipe pour se détendre. Kurai, qui était resté derrière à respirer, s'avança lentement vers lui et s'écroula à terre, tout en maugréant son inhabitude à courir. Le solitaire replongea dans ses pensées. Léna avait raison, peut-être que cela recommençait-il ? Le sang coulé...les plaies du monde...les catastrophes...le Suffere Cormorsus...
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