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 L'aube viendra, comme tous les matins

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Larentia

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MessageSujet: L'aube viendra, comme tous les matins   Mar 14 Aoû - 22:07

Ceci est une fan fiction avec le monde de Harry Potter Wink

Je rajouterai mes chapitres au fur et à mesure que je les écris...

Avant toute chose, je tiens à faire deux remarques :

- L'héroine de cet fan fiction n'a rien à voir avec les personnages de J.K. Rowling, elle a été inventée de toutes pièces.

- J'ai gardé l'univers des Harry Potter mais sans en garder les grands événements. Ils sont en 5ème année, mais ceci ne suivra pas le livre 5. Certaines dates (laps de temps en fait) ne collent pas, mais cela ne fait rien, nous sommes dans une fiction!

Les mini textes en italique sont en vérité une chanson, en entier dans le dernier chapitre

Bonne lecture Wink

-----
Prologue :

Le soleil brille haut dans le ciel, à peine accompagné de quelques cumulus blancs, n’annonçant rien d’autre qu’une autre suite de jours plus chauds les uns que les autres. Une fillette de huit ans joue assise sur la terrasse en bois à l’arrière de sa maison. Elle a étalé devant elle divers morceaux de tissus de toutes les couleurs et essaye de les attacher ensemble pour se faire une cape de super héro. Ses longs cheveux noirs sont attachés en une queue de cheval bien haute sur sa tête pour les empêcher de lui tomber devant les yeux, tout aussi noirs. Sur un fauteuil à bascule, une femme, aussi blonde que la fillette est noire, chantonne doucement. La fillette sourit, elle lève des yeux émerveillés sur sa mère. Sa mère sourit à son tour, elle semble heureuse. Oui, très heureuse. C’était une bonne nouvelle qu’elles venaient d’apprendre. Le bonheur les attendait dorénavant.



Chapitre 1 : Larentia

La pluie tombait, maculant le paysage d’un gris morne. Les arbres dansaient au rythme du vent, les nuages assombrissaient le ciel déjà noircit par l’heure tardive. Accoudée à une fenêtre du deuxième étage, une jeune fille regardait ce spectacle d’un air extatique, relevant de temps à autre une mèche de ses fins cheveux noirs qui lui retombait devant les yeux. Elle se fondait dans le décor, avec sa robe noire et ses yeux assortis. L’averse tambourinait au carreau, ajoutant au bruit du feu dans l’âtre une petite touche d’automne. Septembre était un mois normalement beau, les équipes de Quidditch pouvaient en général s’entraîner sans pluie jusque mi-novembre. Mais cette année, tout semblait s’être donné le mot pour qu rien ne tourne comme d’habitude.

- L’habitude est un sale défaut dont il faut se débarrasser au plus vite, lui avait dit un jour son professeur de sciences, alors qu’elle était encore à l’école moldue.

Un bruit sec derrière elle, une porte qui s’ouvre et se referme.

- Bonsoir Ron, déjà de retour ? demanda-t-elle au jeune homme qui venait de rentrer.

Il jeta négligemment sa cape dégoulinante sur un fauteuil et secoua ses cheveux trempés.

- Ben oui, tu as vu le temps ? Tu aurais préféré que...

Ses yeux s’étaient tournés vers elle, il s’arrêta net. Elle s’était désintéressée de ce qu’il disait et continuait de contempler le spectacle de virtuose qu’offrait l’extérieur. Ron monta au dortoir des garçons en marmonnant quelque chose qui ressemblait à « Pourquoi demander si ça ne t’intéresse pas ? ». Indifférente aux autres élèves qui rentraient à leur tour, aux questions que certains tentèrent de lui poser, ou à tout autre chose, la jeune fille garda les yeux rivés sur le parc tout le reste de la soirée.

Enfin, quand le vent retomba quelque peu, vers onze heures, elle se détacha et la fenêtre et monta s’installer sur son lit, attrapant au passage un bouquin dans son sac. La couverture indiquait « Traité de la magie animale » et elle se plongea dedans avec avidité.

Restés seuls dans la salle commune, Ron Hermione et Harry s’étaient appropriés les fauteuils au coin du feu.

- Je n’aime pas cette fille, dit Ron, elle est trop froide.
- Ho, Larentia ?
demanda Hermione en désignant les dortoirs où venait de disparaître la jeune fille.
- Elle parle avec Malfoy, ca devrait suffire à la détester...
- Elle est très intelligente
, le coupa Hermione. Elle étudie beaucoup, lit énormément, et se débrouille très bien dans tout ce qu’elle fait.
- Tu ne trouves pas ça bizarre ?
Harry s’était tourné enfin vers eux. Il n’avait pas ouvert la bouche de toute la soirée.
- Je veux dire, elle lit beaucoup mais ne semble pas fournir des efforts considérables pour étudier.
- Et alors ? Elle est simplement douée ! Tu es jaloux c’est ça ?
- Bien sur que non
, dit Harry avec une grimace de dégoût. Mais si elle a des facilités, je ne comprends pas qu’elle ait des notes aussi médiocres. Elle a même eu un T chez Rogue.
- Elle semble beaucoup l’apprécier, ça ne m’étonnerait pas qu’elle cherche à avoir une retenue avec lui...
- Eurk
, commenta Ron, avec Rogue oh non...

Harry haussa les épaules. Ce genre de conversation à minuit passé n’avait pas lieu d’être. De plus, ils commençaient avec Flitwick le lendemain matin et cela ne l’enchantait guère, mais il avait un devoir à terminer.

Le lendemain matin, à la table du déjeuner, Larentia était toujours en train de lire le même livre, mangeant et tournant les pages tour à tour. Elle entendit vaguement Ron marmonner quelque chose à ce propos, quoique vivement repris par Hermione qui trouvait « excellent que quelqu’un prenne enfin ses études au sérieux ici ». Elle lança cependant un regard de biais à son livre et fronça les sourcils.

- Alors ? lui demande Harry en quittant la Grande Salle. Pourquoi tu l’as regardée comme ça si ce qu’elle faisait était si exceptionnel ?
- Hé bien
, commença-t-elle, je ne comprends pas. Le Traité de la Magie Animale est un livre destiné aux deuxièmes années.
- Oh, peut-être a –t-elle oublié quelque chose ? Ce n’est pas toi qui disait justement que «Savoir c’est apprendre, apprendre plus c’est être sage » ?
- Sans doute...


Les sourcils toujours froncés, elle passa devant lui sans en dire d’avantage.

***

- Potter, voulez-vous bien montrer à la classe la beauté infinie de votre mixture ? Excusez-moi, je ne peux pas qualifier cette chose de potion.

Sous les rires sarcastiques de Malfoy et sa bande, Harry montra son chaudron à la classe. De mauvaise grâce. Il se rassit, tiraillé entre l’envie de détruire le professeur et la promesse qu’il avait faite à Hermione de rester calme toute cette semaine. En outre des retenues à répétition qui l’empêchait de voir ses amis, l’équipe de Quidditch ne semblait pas heureuse de n’avoir eu qu’une séance d’entraînement en trois semaines. Ravalant sa colère, n’exprimant la haine qu’à travers son regard, il soutient le regard noir qu’il lui lançait. Le profeusseur avait le teint laiteux, des cheveux noirs qui encadraient un visage déjà trop long, et des yeux noirs et perçants. Sa seule présence imposant silence et respect toutes les classes. Quand il vit que Harry avait commencé à repréparer sa potion, il intervint :

- Oh non, ce serait trop facile, Potter ! reprit le professeur. Evanesco !

Ce qu’il restait de potion disparut aussitôt du chaudron de Harry. Fulminant de rage, il se levait déjà pour protester mais la cloche retentit au même moment, mettant provisoirement fin à leur affrontement. Harry rangea précipitamment ses affaires, mais au moment de quitter son banc, il croisa le regard de Larentia. Elle semblait clouée à sa chaise, ses grands yeux noirs rivés sur le professeur. Harry eu un geste de dégoût et sortit. Depuis le couloir, il l’entendit alors demander :

- Mr Rogue ?

Un silence. Harry s’imaginait qu’il devait la toiser d’un air supérieur, pensant sans doute que la question ne valait pas la peine d’être posée.

- Je peux vous poser une question ?
- Je suppose qu’en tant que professeur je ne peux pas vous refuser ce droit,
ironisa-t-il d’une voix doucereuse.
- Ce n’est pas à propos de potion, Monsieur, mais à propos de sortilèges.
- Dans ce cas,
reprit Rogue de la même voix, pourquoi ne pas demander ça au professeur de sortilèges ?
- Hé bien, parce qu’il n’a pas pu me répondre
, dit-elle dans un souffle.
- Dans ce cas, dit-il d’une voix plus forte, dès que Mr Potter aura délaissé cette porte, peut-être pourrais-je vous répondre.

Harry s’était déjà élancé dans le couloir quand Rogue ouvrit la porte à la volée.

- Potter, samedi onze heure dans mon bureau, cria-t-il alors que Harry tournait le coin. Il ralentit et rentra à la salle commune sans dire un mot.

Sur le temps de midi, il raconta à Ron et Hermione ce qu’il s’était passé. Comme prévu, Hermione afficha un air supérieur pour lui faire un discours sur le respect des professeurs. Ron, en revanche, semblait intéressé par l’histoire.

- Un sort que Flinwick ne connait pas ? demanda-t-il.
- Apparemment. Peut-être de la magie noire, Rogue serait dans ce cas le mieux placé pour...
- Harry !
coupa Hermione, ne dit pas ce genre de choses ici, au milieu de la Grande Salle. Venez.

Installés dans l’herbe, au pied d’un chêne, ils reprirent leur conversation. La pluie semblait hésiter à tomber aujourd’hui, et il fallait profiter des derniers moments de douceur avant que décembre n’arrive.

- Ne sois pas bête, dit Hermione, Rogue a tout le support de Dumbledore, et moi j’ai confiance en lui. Je ne pense pas que Rogue puisse...
- Ecoute, Dumbledore donne une seconde chance à n’importe qui,
la coupa Ron, et on sait que Rogue a fait partie des Mangemorts. Ce n’est donc pas un secret qu’il connaisse la magie noire.
- Hermione
, les interrompit Harry, tu disais tout à l’heure que Larentia avait un penchant pour Rogue ?
- Oui, et alors ? Je sais que tu le détestes, mais ce n’est pas une raison pour...
- Non
, la coupa à nouveaux Harry, non, je me demandais juste... Je ne sais pas... Si Rogue se trouve vraiment être du côté de Voldemort, va-t-elle le suivre ? Est-ce qu’on peut lui faire confiance ? Ne devrions-nous pas ne rien dire, même de succin, près d’elle ?
- Allons !
dit Ron, c’est juste une amourette d’adolescente... Rien de plus, quand elle verra le type que c’est, je veux dire quand le masque sera tombé, elle aurait vite fait de nous rejoindre.
- Ado ?
Hermione rit. Elle n’est plus une adolescente depuis longtemps... Elle doit avoir quoi, 25 ans peut-être...
- QUOI ?
demandèrent en coeur Harry et Ron, 25 ANS ???
- Vous n’êtes pas au courant de son histoire ? Elle est arrivée en première année à Poudlard il y a un bout de temps. Elle fut admise sans problème, mais à la mort de ses parents, sa grand-mère qui est devenue sa tutrice l’a retirée de l’école. Elle était moldue. Elle pensait que sans un diplôme moldu, sa vie était foutue.

- Donc, elle a fait l’école moldue ?demanda Ron.
- Oui, quand elle a eu finit et sa majorité, elle est revenue à Poudlard. Sauf qu’au lieu de revenir en première année, je pense qu’elle a étudié par correspondance et a réussi à arriver en 5ème année, là où les choses se corsent comme on dit.


Dernière édition par le Mer 15 Aoû - 22:41, édité 1 fois
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Asahi
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mar 14 Aoû - 22:09

Je n'ai pas le temps de mlire maintenant mais demain, promis !

Ca à l'air bien !
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mar 14 Aoû - 23:14

Moi je viens de lire et vraiment j'adore ! Ton style me fait pensé à celui de J.K.Rowling tu reprends vraiment bien le livre, surtout quand Harry, Ron et Hermione parle !
J'ai hâte que tu nous mettes la suite !
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Asahi
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mer 15 Aoû - 14:36

J'aime le style de ton écriture.
On prend du plaisir à te lire !!
Bravo et vivement la suite !
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mer 15 Aoû - 22:21

J'ai trouvé la suite de cette Fanfic sur ton site ! Quand vas-tu la mettre ici ?
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Larentia

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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mer 15 Aoû - 22:40

oui mais je suis en train de la retravailler (faudrait que je l'enlève d'ailleurs) elle est faite jusqu'au chap. 3 je pense.

J'ai édité le premier post il manquait le prologue Embarassed

Allez voila le 2 Smile

Chapitre 2 : Elle sort de l’ombre

Une semaine plus tard, quand ils entrèrent dans la classe de Mr Flintwick pour les cours de sortilèges, ils eurent la surprise –désagréable pour certains— d’y trouver aussi Rogue. Les deux professeurs étaient comme jour et nuit, l’un blond et joyeux, riant et conversant avec ses élèves dans la bonne humeur, l’autre sombre, regardant les élèves de haut, avec un humour pince-sans-rire et sarcastique. Rogue se tenait en retrait, les bras croisés, les yeux fixés devant lui, estimant pour lui-même qu’ils n’apprendraient probablement rien aujourd’hui. Mr Flintwick annonça qu’ils allaient apprendre à faire un patronus, autrement dit un animal fantomatique qui est le résultat des forces positives présentes dans le sorcier. Sous le regard presque amusé du professeur de potions, l’homme s’avança devant la classe, et, avec des gestes théâtraux, il pointa sa baguette vers l’avant.

— Spero patronum

Un magnifique aigle de couleur argentée sortit de sa baguette et vola un moment au-dessus des élèves avant de disparaître par la fenêtre laissée ouverte.

— Il est évident que tout le monde ne saura pas le faire, et que la première fois, il est probable que personne n’y arrive. C’est un sort très complexe et nombreux sont ceux qui ne parviennent jamais à le maîtriser. Cependant, je sais que vous êtes une bonne classe, je voulais que vous essayiez.

Pendant la demi-heure qui suivit, tous les élèves s’affairèrent à grands coups de Spero patronum mais sans aucun succès. Les uns soufflaient de désespoir, les autres essayaient avec tellement de concentration que la sueur perlait sur leur front. Puis, soudain, un grand cerf argenté parcouru la classe et s’évanouit dans le mur opposé. Tout le monde s’arrêta pour l’observer, les yeux grands ouverts d’étonnement.

— Qui a fait ça ? demanda le professeur Flintwick. Harry ? interrogea-t-il en voyant l’attitude hébétée du garçon.
— Heu oui, bredouilla-t-il, mais je ne sais pas comment j’ai fait.
— Hé bien c’est magnifique, mon garçon, formidable ! A ton âge, un patronus si bien formé !

Harry jeta un coup d’oeil furtif à Rogue. Les lèvres serrées, il semblait chercher un moyen de le contredire, voire de le détruire, mais ne trouva pas et continua son tour de classe. Voyant cela, Harry eut le coeur plus léger. Probablement, l’horrible professeur allait-il se venger au cours de Potions, voire même à sa retenue suivante. Mais pour le moment, c’était une victoire sur lui, aussi petite soit-elle. Il continua donc à s’entraîner mais ne parvint plus à le faire réapparaître. Hermione tenta de le rassurer, c’était un sort très difficile et il allait falloir du temps avant qu’il le maîtrise. Ron, de son côté, ne parvenait à rien, tout comme Hermione, aussi concentrée soit-elle.

Au bout d’un quart d’heure supplémentaire, quelques timides patronus étaient apparus par-ci par-là, mais rien de bien convaincant. Sans aucune forme, un halo de lumière argentée apparaissait au bout de la baguette de l’un ou de l’autre pour s’évanouir dans une gerbe d’étincelles. Le professeur Rogue les regardait avec des regards sarcastiques, semblant se conforter dans sa théorie selon laquelle aucun élève n’est capable de faire un patronus, pas même Potter qui n’avait eu qu’un coup de chance. Sauf peut-être... Mais il secoua la tête, même avec son talent elle n’y arriverait pas.

Larentia était perdue dans ses pensées. Elle jouait négligemment du bout des doigts avec sa baguette, sans même essayer de faire un patronus. Ce genre de sort avait cessé de lui poser des problèmes il y a de nombreuses années. Elle laissa son esprit dériver vers son enfance sans même s’en rendre compte.

— Lal chérie ?

La femme qui avait parlé sortit sur le pas de la porte et, posant ses mains sur ses hanches, observa sa fille de neuf ans installée sur la pelouse. La femme possédait une incroyable chevelure blond doré et de grands yeux bruns. Elle aurait pu être vraiment très belle, mais de profondes rides venaient strier son visage et des cernes bleutées courraient sous ses yeux. Elle semblait au bord de l’évanouissement, mais cela faisait partie du personnage à présent. Elle était comme ça, jour après jour, semaine après semaine, depuis que son mari était en prison. Son visage se fendit d’un large sourire en voyant la fillette agiter sa baguette magique. Une forme argentée, brillante, en sortit. Impossible de dire de quel animal il s’agissait, cependant c’était très probablement un canidé. La femme applaudit et la fillette se retourna, un sourire adoucissant son visage sombre. Ses grands yeux noirs pétillaient et elle se leva pour rejoindre sa mère.

Quelques minutes avant la fin du cours, Larentia qui était restée presque complètement inactive jusque là pointa sa baguette devant elle. Un sourire lui étira les lèvres quand elle pensait à son patronus. C’était au moins quelque chose dont elle était fière. Mais trop en montrer pouvait aussi se révéler désastreux. Ses parents avaient toujours été friands de magie noire et la jeune fille en savait probablement plus que n’importe quel professeur de cette école. Sauf qu’elle connaissait peu la magie blanche. En dehors de quelques sorts bien utiles comme celui-ci, l’accio et des sorts de la vie de tous les jours, elle n’y connaissait pour ainsi dire presque rien. Vérifiant rapidement que personne ne regardait, elle se releva.

— Spero patronum, murmura-t-elle.

Un gentil louveteau argenté avança alors timidement entre les élèves attendris. Il semblait encore avoir un équilibre précaire et tombait régulièrement sur son derrière. Il disparut à son tour au bout de la classe. Larentia sourit, puis releva la tête. Rogue la fixait intensément de son regard le plus sombre, bien que –pensa Hermione – il semblait intéressé, essayant de lire les pensées de la jeune fille, mais elle se fermait sans difficultés à toute attaque extérieure. Elle leva un sourcil interrogateur dans sa direction.

— Miss Sedna, dit Rogue d’un ton doucereux, pourquoi ne pas nous montrer votre véritable patronus ?

Ses lèvres s’étirèrent dans un rictus sarcastique. Harry releva la tête, ne comprenant pas pourquoi il lui demandait ça. Il croisa alors le regard de Larentia et eut un sursaut. La surprise se lisait dans ses yeux et sa bouche s’était ouverte. Le temps de cligner des yeux, elle avait retrouvé son apparence parfaitement neutre.

— Je ne vois pas ce que vous voulez dire, professeur, dit-elle avec dédain. Je vous sors un joli premier patronus et ce n’est pas suffisant ?
— Ne me parlez pas sur ce ton, Sedna ! A moins bien sur que les retenues ne fassent partie intégrante de la matière que vous étudiez...

Rogue et elle restèrent un moment à se fixer, yeux dans les yeux, insondables.

— Ils sont tellement pareils, pensa Harry en les observant, le même regard, les mêmes gestes, le même visage qui cache toute émotion...

Lentement, Rogue se détourna d’elle. Les lèvres pincées, il se tourna vers Flintwick, mais celui-ci était aux prises avec Neville qui avait fait apparaître une patte de lapin qui bougeait toute seule. Le cours se finit enfin et les élèves commençaient à quitter la classe, quand Rogue héla la jeune fille.

— Larentia, venez ici une minute, voulez-vous.

La jeune fille s’approcha à contrecoeur, les yeux regardant vers la fenêtre.

— Pourquoi ce louveteau ? Vous avez un autre patronus n’est-ce pas ? Il scruta son visage avec attention, mais elle semblait décidée à garder le silence.
— Très bien, soupira-t-il, alors pouvez-vous m’expliquer pourquoi à mon cours d’hier vous n’avez pas préparé la potion calmante, mais du veriseratum ?
— Parce que j’avais déjà fait la potion calmante et ça ne m’intéressait pas de recommencer ! répondit-elle d’une voix égale.
— Oh, diriez-vous que mon cours est trop lent pour votre goût –immodéré soulignons-le— pour l’étude ?
— Oui, Monsieur, dit-elle d’un ton dégagé.

Rogue l’observa un instant, ses yeux noirs fixant ceux de la jeune fille. Au bout d’un moment, ses lèvres s’étirèrent en un rictus.

— Très bien, que diriez-vous de devoirs supplémentaires alors ? Peut-être cela calmerait-il vos ardeurs ?

La jeune fille haussa les épaules.

— Pourquoi pas ?
— Voyez-vous ça ? Il semblait maintenant hésitant. Bon très bien, si vous êtes décidée, suivez-moi.

En descendant des les sombres couloirs qui menaient au cachot que Rogue utilisait toujours comme bureau, même s’il donnait cours à présent quelques étages plus haut, elle sentit presque avec délices les odeurs familières de poussière, d’humidité et d’autres choses encore qui reposent dans les sous-sols de l’école. Rogue la fit entrer dans son bureau. Un cachot sombre et poussiéreux, parsemé d’étagères de toutes tailles où se rangeaient par dizaines des bocaux remplis de choses étranges et qui croulaient littéralement sous les livres. Les fenêtres étant orientées au nord, aucun rayon de soleil ne parvenait jamais jusque dans cette pièce, ce qui semblait satisfaire son occupant.

— Je ne vais pas vous demander à nouveau pour votre patronus, commença-t-il. Je sais pertinemment bien que ce louveteau incertain n’était pas votre meilleure oeuvre.

Il chassa d’un geste ses débuts d’explications alors qu’elle ouvrait la bouche.

— Je voudrais vous demander un devoir, puisque vous semblez si motivée. Ses lèvres esquissèrent un début de rictus. Je travaille moi-même dessus, mais sait-on jamais, peut-être aurez-vous des idées... disons... différentes.

Il leva sa baguette et la fit rapidement tournoyer au-dessus d’une feuille de parchemin qui se remplit immédiatement de sa petite écriture irrégulière. Il roula le parchemin et le lui tendit.

— Et maintenant, retournez à votre maison !

Il s’assit à son bureau et ne lui adressa plus un regard. La jeune fille tourna les talons et sortit de la classe.

***

Quand la porte se referma, Severus Rogue soupira bruyamment. Il l’avait vue faire et clairement, ce louveteau n’était qu’une ébauche de son patronus. Bon sang, elle avait murmuré la formule, seulement murmuré. La forme pleine devait être splendide... Comment à son âge était-elle capable de ça ? Il avait remarqué ces incroyables facilités, mais de là à être à la hauteur d’un sorcier adulte et qualifié...

Par Merlin que cette jeune fille était étrange. Il se souvenait du premier cours avec elle. Elle semblait être une des rares élèves à ne pas le craindre et à comprendre son humour quelque peu déplacé. Il l’avait vue sourire alors qu’il descendait en flèche un Gryffondor et il lui avait demandé ce qu’elle trouvait drôle. Elle avait alors regardé autours d’elle, étonnée que personne n’ait compris. Les Serpentards ne riaient que pour la surface, simplement pour le fait qu’il ait insulté (oh, de manière très détournée) un élève de leur maison ennemie. Mais elle, elle semblait rire pour la blague cachée derrière. Il s’était un instant demandé si vraiment, elle avait compris que c’était sa propre maison qui en prenait pour son grade, mais visiblement, oui.

Quand elle eut fini de réaliser sa première potion, il comprit tout de suite qu’elle en savait plus long que ceux de son année. Evidemment, elle avait étudié par correspondance, peut-être que c’était une coïncidence. Ou peut-être pas. Au deuxième cours, sa potion toujours aussi bien finie que la première, puis au troisième cours, toujours en avance, il avait réalisé qu’il faudrait faire les choses différemment avec elle, surtout que, pour une fois, il se trouvait face à un élève qui aimait les potions et avait envie d’apprendre. Il la laissait donc expérimenter, la laissant faire les potions de mémoire sans les instructions autant que possible, et ajouter tel ou tel ingrédient pour tester. Peut-être pensait-elle qu’il ne le remarquait pas, en tous cas, elle n’en dit jamais rien. Mais derrière ses remarques sarcastiques, et ses notes moyennes, il s’étonnait en vérifiant ses échantillons le soir de l’ingéniosité dont elle pouvait faire preuve.

Jusqu’à ce jour où il découvrit de l’Asafoetida dans une de ses potions-test, une plante principalement utilisée dans la magie noire. Peut-être que c’était un pur hasard. Et peut-être pas. Il se mit alors à la surveiller discrètement, essayant de deviner ce qu’elle savait et ce qu’elle testait.

C’était probablement la première fois qu’un (Qu’une !) élève attirait autant son attention. Il semblait qu’elle n’était pas seulement douée, mais différente. Oh, bien sur, ses 25 ans lui donnaient un avantage certains sur les autres, mais pas seulement. Elle savait fermer son esprit, il le savait parce qu’il avait essayer, juste pour voir.

— Ce n’était pas « juste pour voir », lui susurra son conscience, tu voulais savoir si elle était comme toi.

Severus chassa sa conscience d’un geste impatient, il pouvait tout entendre sauf ça. Elle semblait tellement... le comprendre. Tellement proche. Il secoua la tête à nouveau. Il ne pouvait laisser personne s’approcher de lui, de quelque manière que ce soit, et il avait ses raisons. Surtout un élève. Surtout une élève, se corrigea-t-il.
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Asahi
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Jeu 16 Aoû - 15:59

Ooooooooooooh c'est trop trop trop bien .......
J'adore !!

Merci beaucoup !
Vivement la suite ! cheers
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Larentia

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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Ven 17 Aoû - 13:33

Merci Very Happy

Chapitre 3 : Tes yeux sont sombres

Le lendemain soir, alors que la pluie avait refait son apparition, Larentia était plongée dans la salle commune sous une montagne de livres divers. Hermione, Harry et Ron virent s’installer près d’elle, devant le feu, pour discuter au calme. Harry était particulièrement énervé ce soir, il traînait une humeur massacrante comme si elle avait été sa propre ombre. Il revenait tout juste d’une retenue et cela le retardait inexorablement dans ses entraînements de sortilèges et de défense. Ces entraiment avaient normalement lieu trois fois par semaine, sous la surveillance d’un ou l’autre professeur et semblaient au final plus officieux qu’officiels. Tous savaient à présent qu’il était celui qui devrait vaincre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et cela ajoutait une charge considérable à son fardeau bien trop lourd pour un garçon de son âge. Il n’avait pas eu de répit depuis bien trop longtemps, et là encore, il se sentait embarqué pour une longue histoire. Il sentait la panique monter en lui, sournoisement, à mesure que le temps s’écoulait entre ses doigts ; la peur s’installait au plus profond de lui, une peur froide et sourde, qui mettait à sac ses résolutions et son bon sens. Il entendait sans l’écouter son ami lui raconter l’entraînement de Quidditch (qu’il avait aussi raté !) mais ses paroles ne produisaient aucun impact sur son cerveau, tout concentré qu’il était sur les paroles du directeur de cette après-midi.

— Harry, entre, je t’en prie, dit Dumbledore avec son imperturbable doux sourire.

Le jeune garçon s’approcha et s’assit prudemment dans un fauteuil, faisant face au vieux sorcier qui l’observait derrière ses lunettes en demi-lunes.

—-Un sorbet citron ?

Harry fit non de la tête. Le directeur s’en prit un pour lui puis, se recalant sur son propre siège, prit un air plus sérieux.

—-Je pense qu’il est plus que temps de te mettre au courant de ce que nous avons fait ces derniers temps, Harry, dit-il. Malgré tous nos efforts, les choses stagnent bien plus que prévu. Voldemort semble avoir des doutes sur le professeur Rogue, ce qui n’arrange bien sur pas les choses. Et de notre côté, rien n’a beaucoup progressé. Nous pensions avoir découvert deux horcruxes mais ils se sont révélés faux et, pire, des leurres. Ce qui veut dire qu’à présent il sait, s’il avait des doutes, que nous savons pour les horcruxes et que nous sommes après lui, et proches.

Harry le regarda avec le regard horrifié, la gorge de plus en plus sèche à mesure que le discours du vieil homme avançait.

—-Malheureusement, continua-t-il, avec ces doutes qui planent du côté adverse, le professeur Rogue n’a plus aucun écho de ses plans. Il n’est prévenu qu’à la dernière minute ces derniers temps. Je pourrais même ajouter sans peur de me tromper que plus d’une personne en veut à sa vie du côté des mangemorts. Cependant, Voldemort semble vouloir le préserver. Il faut espérer qu’il en reste ainsi…

Le regard du vieux sorcier se ternit à ces mots et se perdit dans le décor derrière sa large fenêtre.

—-Monsieur, demanda Harry, pensez-vous que Poudlard puisse subir une attaque de Voldemort ? Ce serait terrible…
—-Je ne sais pas, Harry. Nos protections sont énormes, cependant, il semble progresser plus vite que nous pour le moment. Donc je préfère ne rien exclure. Même si les chances sont faibles.

Harry secoua la tête, et détacha son regard du feu qui brûlait dans l’âtre. Il revint tout doucement à la réalité, les paroles ne Ron et Hermione sonnaient comme une berceuse lointaine. Puis, enfin, son regard se posa sur Larentia, et sur ce qu’elle faisait. Son cœur manqua un battement quand ses yeux se posèrent sur la feuille de parchemin qu’elle avait étalée devant elle. Il poussa un cri de stupeur, coupant court aux explications de Hermione sur l’histoire du fantôme du toit sud-est.

— Quoi, Harry ? Que se passe-t-il ? demanda Ron alors que les têtes des élèves présents se tournaient vers eux.

Harry ne l’écoutait pas. Il arracha le parchemin devant Larentia avec violence. La jeune fille soupira et leva les yeux.

— Tu sais, si je veux faire ça, sans papier j’aurai du mal...
— Qu’est ce que c’est ? demanda Hermione.
— Un devoir... heu... supplémentaire, de la part de Rogue, répondit Larentia, un léger sourire dessiné sur le coin de ses lèvres.
— Rogue... prononça Harry d’une voie blanche. Rogue.
— Quoi, Rogue ? demanda Hermione en fronçant les sourcils. Quoi ENCORE ?
— C’est son écriture ? demanda-t-il à Larentia ignorant superbement Hermione.
— Hé bien oui, il sait écrire au cas où tu l’ignorerais...

Harry lâcha le parchemin qui retomba paresseusement sur la table. Le visage blême, il fit volte-face et sortit de la pièce en trombe. Hermione et Ron échangèrent un regard et le suivirent, sous les murmures des autres élèves de Gryffondor.

— Harry, attends-nous, qu’est-ce qu’il t’arrive ?

Il s’était arrêté au milieu d’un couloir et s’était adossé à un mur. Les élèves étaient tous dans les salles communes à cette heure tardive, finissant un devoir ou débattant entre eux du prochain match de Quidditch. Leurs voix résonnaient dans les couloirs déserts et ils n’avaient pas envie de se faire prendre par un prof, ou pire, par Rusard le concierge à se balader à cette heure dans l’école.

— Harry, il faut rentrer, si on se fait prendre...
— Rogue..., dit Harry d’une voix atone.
— Mais QUOI Rogue ? demande Hermione exaspérée.

Elle avait les cheveux en bataille d’avoir couru derrière lui, ses sourcils froncés indiquaient un certain énervement. Elle fixait Harry avec un regard à la fois de reproche et de désespoir... Harry, enfin, leva les yeux vers elle, puis Ron. Sa voix avait monté d’un ton, il semblait au bord du gouffre.

— C’est son écriture. Le Prince de Sang-mêlé... C’est son écriture... C’est lui...

Interdits, Ron et Hermione le regardèrent sans dire mot. Rogue, le Prince de Sang-mêlé ? Ce fameux élève dont Harry avait hérité le livre par un pur hasard, et grâce auquel il réussissait brillamment toutes ses potions ? Rogue, inventeur du Sectum Sempra ? Un Rogue dépeint encore plus noir qu’on ne l’imaginait ? Etait-ce vraiment possible ? Un Serpentard qui aurait des origines moldues ? Les pensées de Hermione filaient, puis soudain, elle se mit à rire.

— Quoi ? grogna Harry.
— Hé bien, ceci prouve définitivement que ta théorie ne tient pas. Tu as beau le détester, Rogue ne peut pas être au service de Tu-Sais-Qui. D’une part, parce qu’il serait alors de Sang-mêlé, et que je ne vois pas comment il aurait pu se faire accepter. Ensuite, pense que tes excellentes notes, tu les as eues grâce à lui.

Elle sourit d’un air de défit. Elle avait détesté qu’il ait de meilleures notes qu’elle, en particulier en trichant de la sorte. Ce n’était qu’un juste retour des choses. Harry se renfrogna encore plus. Il faudrait qu’il vérifie les écritures de plus près, mais il ne se voilait pas la face, il savait très bien qu’elles seraient similaires, en dehors sans doute de l’effet de l’âge.

***

Le brouillard du matin n’était pas encore dissipé. Les élèves se levaient à peine, certains étaient déjà dans la Grande Salle en train de prendre leur petit-déjeuner, mais ils étaient peu nombreux.
On frappa à la porte.

— Entrez, dit Rogue d’une voix pincée, peu désireux d’être interrompu si tôt. Il leva les yeux et observa une seconde la jeune fille qui venait de franchir la porte. Puis son regard s’éclaira, même si ses lèvres restèrent aussi serrées qu’à l’habitude.
—-Ha, Sedna, une visite bien matinale...
— Bonjour Professeur.

Elle jeta négligemment un parchemin sur la table. Rogue baissa les yeux et parcourut rapidement quelques lignes.

— Je l’ai fini hier soir, dit-elle. Elle ricana. Un devoir un peu simple à mon goût.
— Ca ne marchera pas, dit-il dans un sourire. Vous ne prenez pas les choses assez en profondeur, Miss Sedna.
— Testé et approuvé sur un élève innocent de première année, dit-elle dans un rictus. Ma foi, s’il a simulé, il est drôlement doué pour la légillimencie...
— Ca suffit, la coupa Rogue.

Il lut plus attentivement le contenu de son devoir, ponctuant sa lecture de signes de tête, approuvant ou s’interrogeant sur le contenu. Enfin, il leva les yeux sur elle et sourit. Elle senti son estomac se contracter à la vue de ce sourire –enfin ! -, mais rien n’apparut sur son visage fermé.

— Très bien, dit-il enfin, vous semblez en savoir beaucoup plus que vous ne voulez bien le dire. Merci. Vous pouvez aller en cours.

Au bout de quelques minutes, alors que les pas de la jeune fille se perdaient dans les escaliers, il reprit le parchemin. Par Merlin, comment avait-elle pu trouver aussi vite ? Probablement que ça ne marchait pas... Mais elle disait l’avoir testé, et il savait qu’elle n’était pas du genre à mentir. Il parcourut la méthode décrite sur le parchemin, ses yeux se resserrant en deux fentes étroites pour accumuler sa concentration. Tout semblait parfait. Mais pourquoi je n’ai pas pensé à ça ? se demanda-t-il. Il se leva, enfila rapidement sa cape par dessus ses robes noires et se dirigea vers le bureau du professeur Dumbledore.

Une dizaine de minutes plus tard, il se retrouve en train d’expliquer le sort inventé par Larentia, demandé comme devoir supplémentaire.

— Donc, c’est un sort qui permet de faire perdre connaissance à quelqu’un, et quand le sort est levé, il se réveille mais ne se souvient de rien. Une sorte de trou noir qui...
— Mais enfin, s’exclama Minerva McGonagall, qu’est-ce qui vous a pris de demander une chose pareille à une élève ! Je n’en reviens pas !
— Ce dont MOI je ne reviens pas, dit Rogue de sa voix dangereusement basse, c’est COMMENT elle est arrivée aussi vite à un résultat pareil...
— M’enfin, Severus, elle l’a testé sur un élève, vous vous rendez compte ?
— Eh bien si personne ne s’est plaint, c’est que tout cela fonctionne bien, non ?
— Navré de vous interrompre, coupa le directeur d’une voix qui trahissait qu’il n’était visiblement pas navré, mais ces choses sont faites. Pourquoi ne pas se concentrer sur ce qui doit être fait à présent ?

McGongall approuva et se lova dans un des fauteuils devant le bureau du directeur. Ils étaient tous tendus et bien sur, ils appréhendaient ce qui allait se passer, mais ils devaient réagir. Ils leur restait peu de temps avant que Voldemort mette son armée définitive en route, et une fois que cela serait fait, il leur faudrait toutes les ressources nécessaires pour le contrer. Rogue continuait de marcher de long en large près des fenêtres, incapable de se calmer. Dumbledore se recula sur son fauteuil, appuyant son dos au dossier de velours, il croisa ses mains sur le bureau et regarda tour à tour les deux professeurs avant de prendre à nouveau la parole.

— Je pense qu’il serait sage de l’avoir de notre côté, commença-t-il. Elle semble forte et stable et apparemment très intelligente. Maintenant, il ne faut pas la braquer. Nous ne sommes absolument pas surs de ses convictions et il sera stupide de notre part de trop lui en dire. Peut-être que si nous utilisons ce sortilège – cet exploit de l’avoir créé si rapidement— nous pourrions gagner sa confiance...
— Vous voulez l’utiliser, railla Rogue d’une voix qui trahissait malgré lui la lassitude.
— Voyons, Severus, l’utiliser est un terme inapproprié. Disons que ce sort peut lui ouvrir les yeux.

Il s’arrêta un instant de parler, observant les gens autours de lui pour avoir leur accord. Après s’être assuré qu’aucun n’émettrait d’objection, il continua.

— Bien, ceci étant dit, j’ai encore de mauvaises nouvelles... Les personnes que nous avions mises en fonction pour garder les ruines de Godrick’s Hollow se sont fait attaqué par des mangemorts, tard dans la soirée. Ils sont tous deux en vie, mais leur état étant critique, ils sont pour l’instant à l’hôpital de Sainte-Mangouste.
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Larentia

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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Ven 17 Aoû - 13:33

***

Alors que les Gryffondors se dirigeaient vers les potagers pour leur cours de botanique quelques heures plus tard, un élève de première année se fraya difficile un chemin jusqu’à eux et accrocha la manche de Larentia.

— Dumbledore veut te voir dans son bureau sur l’heure de midi, dit-il avant de partir en courant en sens inverse.

Dumbledore ? Que lui voulait-il ?

Après le cours, elle se dirigea lentement dans les couloirs, passant à contresens des élèves qui allaient manger. Elle était perdue dans ses pensées, ses grands yeux noirs semblaient plus brillants que jamais. Elle frôlait les murs pour ne pas se faire bousculer – Par Merlin, qu’elle détestait d’entrer en contact avec tous ces élèves – son sac se balançant négligemment sur sa hanche. Elle s’arrêta devant la gargouille et prononça tout bas le mot de passe. La statue pivota pour la laisser entrer dans un couloir étroit où serpentait un escalier en colimaçon. Une porte. Elle frappa doucement.

— Entrez ! dit une voix douce et posée.

Elle poussa la porte et se retrouva face au directeur. Comme à son habitude, il était vêtu de sa longue robe bleue ornée de lunes et d’étoiles dorées. Il la regardait d’un air presque paternel –elle détestait ça aussi— derrière ses lunettes en demi-lunes. Il semblait fatigué, mais rien ne dévoilait son degré de fatigue. Elle avait senti la présence de quelqu’un d’autre, sans le voir, sans l’entendre, comme quelque chose au fond d’elle-même qui s’était retourné. Elle leva lentement la tête et la tourna sur la droite. Aucune hésitation. Elle savait où la personne se tenait. Des cheveux gras, noirs, un regard glacial.

— Mr Rogue, salua-t-elle comme si elle le voyait pour la première fois depuis longtemps.

Il fit un imperceptible signe de tête mais ne répondit pas. Sans autre formalité, Dumbledore leur tient conversation sur l’effarante vitesse à laquelle Larentia avait créé le sortilège, et sur une utilité qu’elle pourrait avoir pour eux, pour lui, pour l’école. La jeune fille écoutait à peine ce qu’il disait. Tout cela ne l’intéressait pas. Elle se sentait délaissée. Elle avait été première de classe –à l’école moldue— pendant de nombreuses années, mais s’en était vite lassée. Lasse d’être toujours le point de référence. Lasse de ne pas pouvoir avancer plus vite, sous prétexte qu’elle savait et qu’elle devait donc aider les autres. Lasse de devoir toujours se mettre en avant sous tous les prétextes. En arrivant ici, elle avait changé. Elle se forçait aux mauvaises réponses pour être dans la « moyenne général ». En réalité, rien ne lui demandait de réel effort. Tout ce qu’elle voyait, ou presque, elle le connaissait déjà. Elle avait du finir les classes moldues avant de pouvoir enfin, une fois sa majorité atteinte, venir à Poudlard. Mais toutes ses années n’avaient pas été passées en vain. Elle s’était fait parvenir tous les livres possibles, elle avait énormément étudié. Et bien que de pratiquer la magie sous le nez des moldus soit interdit, la mise en pratique de ce qu’elle avait appris se révéla plus rapide et plus facile que prévu. Elle s’était de temps à autres entraînée, quand personne n’était à proximité, dans la salle commune ou à l’extérieur. De plus, elle n’avait choisi aucun camp. Elle aurait volontiers choisi « les bons », « les gentils », mais avec Dumbledore à leur tête, elle hésitait fortement. Elle n’aimait pas cet homme. Alors qu’il inspirait sympathie et respect à tout le monde –ou presque !— pour sa part, elle le trouvait froid et calculateur. Elle avait l’impression qu’il disposait des gens comme de pions pour une partie d’échec géante sur un échiquier grandeur nature. Il voulait les protéger, certes, mais plus pour réussir sa partie que pour tout autre chose. De toute façon, son camp, elle le savait au fond d’elle-même mais semblait avoir du mal à se l’avouer, serait celui de Severus Rogue, fut-il épris de l’adversité et de la Magie la plus noire qu’il existe. Elle posa les yeux sur Fumsek, le phénix, perché de toute sa splendeur sur son perchoir doré.
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Ven 17 Aoû - 13:49

Je me demande d'où tu tire toute cet imagination ......

J'adore !
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Larentia

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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mar 11 Sep - 22:33

Dites moi quand vous avez fini que je mette la suite ^^
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mer 12 Sep - 0:40

J'imprimerai tout d'un seul coup et je vous donnerai mes sentiments (je n'ai jamais lu de Harry potter j'espère que ça ira quand mm).

Bisous
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mar 18 Sep - 19:01

WahOu !! Je viens de tout lire d'un coup !! à quand la suite ???

Moi J'adore !!! Tu écrit superbement bien. Wink

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pagrave comte

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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mer 19 Sep - 19:11

Voilà moi c'est imprimé, et ce soir (moment que j'aime le plus pour lire) je lirai et demain appréciations.... et commentaires !!!

Bisous
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Larentia

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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Ven 2 Nov - 15:54

Chapitre 4 : Je tremble et j’ai peur, mais je reste fière

— ... et donc nous aurions souhaité votre aide, termina Dumbledore.
— Miss Sedna, un peu d’attention marque le respect pour vos interlocuteurs, intervient Rogue de sa voix faussement douce.

Elle sursauta. Dumbledore aurait pu lui parler des heures durant sans obtenir son attention, mais quelques mots du professeur de potions semblaient capter tous ses sens. Elle releva vivement la tête.

— Professeur, commença-t-elle, je suis vraiment désolée. Je ne suis pas intéressée. Je ne cherche rien, je ne demande rien, je veux juste étudier.
— Quel comportement égoïste d’enfant gâté, dit Rogue avec une grimace en attrapant la jeune fille par le bras pour la forcer à se tourner vers eux.

Au contact de sa main sur son bras nu, Larentia frissonna. Ses doigts si froids sur sa peau tellement chaude. Elle ferma les yeux pour savourer cette sensation, aussi éphémère soit-elle. Son coeur se remplissait comme s’il n’avait été qu’un vulgaire bassin vide. Elle le sentait littéralement se remplir. Et elle le surveillait, de loin, pour ne pas qu’il déborde. Le bien, ou le mal, elle n’en avait que faire. A cet instant, ces doigts fins et légèrement calleux, qui serraient son bras juste un peu trop fort, voilà ce qui était important. Ces doigts qui semblaient la mettre de force dans un chemin, la ramener brutalement à la réalité de la direction à suivre.

— Laissez, Severus, le coupa Dumbledore d’une voix gentille mais ferme. Larentia, si tu ne veux pas, je l’accepte. Je peux comprendre que les ambitions personnelles de chacun soient différentes, les objectifs également. Mais sache que cette porte t’est toujours ouverte si tu le désires. Si tu changes d’avis, viens me rendre visite.

Il lui fit un clin d’oeil et croisa les mains sur son bureau. La conversation était terminée. Larentia hésita. Elle sentait le regard de Rogue de côté mais ne voulait pas tourner la tête pour le voir. Inventer (découvrir, se corrigea-t-elle) un sortilège était une chose. Entrer dans la guerre en était une autre, même si elle sentait bien qu’ils ne lui disaient que le strict minimum. Elle n’était pas ici pour ça. Et une autre raison était surgie, sans savoir comment allaient tourner les choses, elle ne pouvait rien décider... Cependant, ce serait peut-être une bonne occasion de s’exercer malgré tout. Elle hésitait encore, mais sentant que l’atmosphère s’alourdissait, elle dit :

— Professeur, je crois que vous avez raison, je voudrais...

Mais personne ne su jamais ce qu’elle voulait. Au même moment, une formidable cacophonie retentit dans la Grande Salle, mêlant des cris d’angoisse, des hurlements de désespoir, des bruits de casse, des gens –des élèves— qui courraient dans les couloirs, se cognant les uns aux autres. Ils se levèrent tous trois d’un seul geste, saisissant leur baguettes magiques, ouvrant la porte à la volée et descendant les marches quatre à quatre. Le spectacle que leur offrit la salle de repas était sans doute pire qu’on ne pourrait imaginer. De nombreux élèves étaient assis ou couchés par terre, roulant, sanglotant, pleurant toutes les larmes de leurs corps. Certains criaient, mais beaucoup ne se contentaient plus que de gémissements. Les tables avaient été retournées, des débris de verre, de vaisselle et de nourriture jonchaient le sol. Et un liquide visqueux, étrangement coloré... La gorge de Larentia se noua. Du sang, bien sur. La salle en était remplie. D’où pouvait-il provenir ? Elle releva lentement les yeux. Une dizaine de détraqueurs parcouraient la salle en funeste compagnie d’une demi-douzaine de mangemorts, et semaient la désolation sur leur passage. Les uns suppliaient de les laisser, les autres suppliaient de les tuer. Les premiers étaient exécutés, les derniers étaient torturés, encore, et encore, et encore.

Soudain, la réalité s’imposa à elle avec une force alarmante. Froide. Sans passion. Dure. Ces gens étendus par terre étaient morts. Ces gens assis souffraient. Leurs yeux reflétaient la peur, une peur telle qu’elle semblait se matérialiser devant elle. Elle perçut la scène avec une acuité toute nouvelle pour elle. Le sang qui séchait déjà dans les rainures du mur à sa droite. Le carrelage humide qui reflétait la lumière des bougies suspendues au-dessus de leurs têtes. Ces énormes créatures. Laides. Froides. Presque immatérielles. Mais réelles. Dumbledore qui s’était élancé et qui en combattait une. Un patronus, un phénix, grand et majestueux, qui fonçait sur le détraqueur. Rogue, plus loin, s’était engagé à son tour. Les professeurs qui se battaient. Les élèves qui tentaient de fuir. Mme Trelawney allongée dans un coin, sous une table. Elle semblait morte, remarqua froidement la jeune fille. Le bruit des combats s’atténua. Dans sa tête, le calme soudain, la sérénité. Ses tremblements cessèrent. Elle tenait sa baguette de la main droite, mais elle ne la leva pas. Ses yeux noirs, perçants, abritèrent un regard qui se durcissait de seconde en seconde. Elle sentait tout son corps, elle était conscience de chaque détail. Son coeur, qui ralentissait pour retrouver son rythme normal. L’air dans ses poumons. Dehors. Dedans. Dehors. Dedans. La jeune fille plongeait dans une concentration extrême. Non pas pour agir. Au contraire. Elle voulait rester en dehors de tout ça. La bête en elle voulait sortir. Cognait. Rageait. Menaçant de faire crouler la mince protection qu’elle avait réussi à tisser. Il fallait se concentrer, garder son esprit hors du combat.

Flash. Des cris horribles avaient commencé à se faire entendre dans les couloirs. Larentia, assise sur son banc d’école, se sentit frémir. Elle a 10 ans. Flash. La porte s’ouvre brutalement et des gens déguisés entrent. La petite fille se dit qu’ils doivent être honteux pour se cacher le visage. Que veulent-ils ? Flash. Des éclairs verts et argentés traversent la salle de classe. Des enfants tombent, crient, semblent avoir mal, et meurent. Flash. Leur maîtresse s’encourre hors de la classe mais est tuée net sur le pas de la porte. Flash. Larentia se lève lentement pour prendre sa baguette magique. Un mangemort s’approche et pointe sa baguette sur elle. Flash. Elle se sent très calme. Elle pointe sa baguette sur l’homme. Celui-ci rit de bon coeur. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit une gamine de son âge menacer un homme de main du Seigneur des Ténèbres ! Flash. Elle sait ce qu’elle doit faire. Le sortilège est à peine murmuré, pourtant l’homme va rouler à plusieurs mètres, jurant de douleur. Flash. Elle le regarde froidement. Elle veut continuer, mais tout s’arrête trop vite. Flash. Des gens ont débarqué. Apparemment, ils doivent être du côté des « bons » mais leur comportement est pareil. Flash. La petite fille plisse les yeux de dégoût. Décidemment, elle n’aime vraiment personne. Flash. Tout est fini, mais elle frisonne encore. Elle doit lutter avec son corps, elle veut encore se battre. Quelqu’un la regarde avec pitié. Elle a envie de le frapper.

Le cerf argenté, patronus de Harry, traversa la salle au galop, fauchant au passage le détraqueur qui le menaçait. Harry s’essuya le front, s’arrêtant quelques instants pour souffler et visualiser la salle. Le combat semblait prendre fin tout doucement, ce serait bientôt fini. Quelques efforts encore. Ses amis semblaient aller bien, même si le combat était acharné. Dumbledore lançait des sortilèges avec grâce, et semblait danser – une danse bien macabre- dans ce tumulte rouge sang. Comme c’était étrange de voir Rogue au milieu de tout ça. Harry se rendit compte combien cet homme devait se sentir menacé en cet instant. Il combattait contre son camp véritable, même à découvert. Tout en faisant semblant de combattre aux côtés de Dumbledore, il faisait en réalité un passage pour les mangemorts. Bien sur, Voldemort pensait qu’il était leur espion, et que donc il ne pouvait pas faire tomber sa couverture devant le directeur de l’établissement… Le professeur de potions, haletant, semblait vraiment à bout. Il se battait sur deux fronts en même temps. D’une certaine manière, il se battait contre lui-même. Harry tourna la tête et aperçut Larentia... Il déglutit avec force quand il croisa son regard. Elle semblait flamboyer. Ses yeux noirs, très noirs fixaient devant elle avec une force peu commune. Elle avait les poings serrés, du sang coulait de sa main gauche à force de serrer ses ongles contre sa chair. Ses lèvres ne formaient plus qu’un trait, presque indistinct. Harry recula de quelques pas. C’était la première fois qu’il la voyait comme ça. Elle était terrible. Son visage qui d’habitude était assez joli était tiré par la haine. La colère. La douleur. Ses yeux s’agrandirent démesurément.

— Nooooooooooooooooooooooon, hurla-t-elle.

Harry se tourna pour regarder ce qu’elle voyait. Il n’eut même pas le temps de se retourner complètement qu’elle passa à côté de lui à une vitesse incroyable. Elle s’était jetée en avant, tête la première, baguette pointée dans un protegio à peine murmuré. Un éclair vert, démesuré. La jeune fille sembla pendant un temps infiniment court suspendue dans les airs, son corps gracieux formant une courbe de danseuse.

— Avada Kedavra

Le sort mortel qui visait Rogue l’atteignit en pleine poitrine.
Elle s’écroula sur le sol, masse inerte, ses bras formant avec son corps des angles incohérents.

Pendant une seconde –mais était-ce une seconde ? Des secondes ? Une minute ?— personne ne bougea. Cette scène s’imprégnant avec une force incroyable dans le cerveau de Harry. Rogue, dont la baguette avait volé à plusieurs mètres de lui, qui réalisait lentement ce qui venait de se passer. Mc gonogall qui terrassait le dernier détraqueur et se tournait lentement vers la jeune fille. Les cris étouffés des élèves encore conscients. Larentia, étendue. Puis, dans un effort douloureux, elle poussa un gémissement et se redressa. Le silence oppressant. Encore un gémissement. Elle était à genoux. Elle toussa et cracha du sang. Toussa encore, essayant de reprendre pied, mais sans y parvenir. Le regard de Rogue, froid. Va-t-il fuir ? pensa Harry avec rage. Il fit un pas en avant, pour aller aider la jeune fille, mais Rogue sembla prendre conscience des événements. Il s’avança vers elle. Il la souleva et l’emporta. Ce fut comme un signal donné, les professeurs commencèrent à se mettre en branle, les élèves partirent se réfugier dans leurs chambres. On emmenait les blessés. On prenait des dispositions. Harry resta planté au milieu de la salle.
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mer 14 Nov - 20:12

Oh ben...... il y a un petit moment que j'avais lu les premiers chapitres (qui je trouve sont super bien écrits, j'ai vraiment l'impression que tu as beaucoup de talents pour l'écriture Larentia)
et voilà, j'ai imprimé le dernier, qui apparemment me plait bien aussi. Je vous dirais (je sais pas quand, mais j'essaye de faire vite)!!!
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Larentia

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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Lun 25 Fév - 2:02

Chapitre 5 pour ceux qui suivent Wink

Mais tu es toujours là


Quand elle s’éveilla le lendemain, le soir était déjà tombé. De la musique légère lui parvenait de la pièce d’à côté –le bureau de l’infirmière.

Je te vois, je te reconnais
Parce que tu es toujours là
Je ne sais pas qui tu es
Mais tu es toujours là

Et l’aube viendra
Et l’aube viendra


Elle connaissait cette chanson. Elle ouvrit les yeux avec difficulté et tenta de soulever la tête mais un mouvement de trop lui arracha un cri étouffé et un craquement sonore de ses os. Mme Pomfresh sortit de son bureau en trottinant.

— Non, non, il vous faut rester couchée, Miss Sedna. Bougez le moins possible. A condition de bien prendre les remèdes que je vais vous donner, vous serez sur pieds bien assez tôt.

Disant cela, elle lui tendit une tasse pleine d’un liquide aux allures douteuses.

— Buvez ça, dit-elle. Ca vous permettra de dormir.
— Avant, je voudrais savoir ce qu’il s’est passé.
Elle fit un effort désespéré pour se soulever, mais du renoncer. La douleur était atroce. Les événements lui étaient revenus en mémoire bien trop vivement et la douleur, non physique cette fois mais mentale, la fit grimacer.
— Comment va le professeur Rogue ? Risqua-t-elle à l’adresse de l’infirmière, les mains sous sa couverture tremblant comme une feuille morte.
— Il va bien, grâce à vous. Maintenant, buvez et dormez. Dumbledore viendra sûrement vous visiter bientôt.

Elle ne trouva pas la force de répliquer. Elle but d’une seule traite le gobelet tendu et s’endormit aussitôt, apaisée.

Dans son bureau, Dumbledore tenait un conseil privé entre professeurs. Tous y virent de leur information pour compléter le triste tableau que l’on pouvait peindre de cette atroce soirée. Une dizaine d’élèves de première année avaient été envoyés à Sainte-Mangouste, leur état était critique Des professeurs étaient blessés, certains grièvement, et tous ne pourraient assurer leurs cours pendant un certain temps. De toute façon, allaient-ils vraiment pouvoir reprendre le cours normal des choses ? Il le fallait, mais cela avait ouvert une brèche dans l’histoire. Le décès de Mme Trelawney avait ébranlé tous les professeurs. Les élèves plus âgés qui s’étaient battus semblaient relativement sains et saufs, une chance avec le nombre impressionnant de sorts que les mangemorts avaient lancés. Le plus important cependant : Harry Potter était en vie, et ses blessures n’étaient que légères. Que cherchait le Mage Noir à attaquer ainsi l’école ? A faire sortir Harry peut-être ? Pour l’avoir à portée ? Mais de nombreuses autres questions survenaient, chaque réponse trouvée provoquait plus de blancs à remplir. Que faisaient des détraqueurs parmi les mangemorts ? Voldemort avait-il finalement réussi à les récupérer de son côté ? Et comment les mangemorts avaient-ils réussi à prendre la fuite ? Personne ne semblait savoir par où ils étaient passés. Ni en arrivant, ni en repartant.

— Severus ? demanda Dumbledore.

Rogue se tourna lentement vers le directeur.

— Vous êtes sur que ça va ? Vous avez l’air pâle.
— Ca va,
répondit Rogue en fixant les yeux bleus cristallins du vieil homme d’un air hargneux. Ca irait mieux si mes élèves ne perdaient pas la vie stupidement, dit-il sombrement. Et il quitta le bureau. Dumbledore sourit tristement. La jeune fille semblait avoir la vie sauve, mais Merlin seul savait comment elle avait survécu. Un avada kedavra en pleine poitrine et toujours en vie. Le vieux professeur remonta distraitement ses lunettes sur son nez, tout en se demandant où trouver les réponses qu’il cherchait – et s’il avait encore le temps de les chercher ou s’il devait pour l’instant se concentrer sur des choses plus essentielles.

Trois jours plus tard, Larentia était assise sur son lit à l’infirmerie et bavardait avec Luna Lovegood. Malgré son teint encore blafard et les pansements sur son corps, elle semblait avoir bien meilleure mine. Au-dehors, le vent faisait battre les volets en bois, les arbres dansaient à nouveau dans le froid. Les corbeaux étaient les seuls oiseaux encore visibles dans le parc de l’école. Leurs cris déchiraient l’air humide lorsqu’ils se disputaient un butin chèrement gagné. Aucune trace des autres oiseaux, les uns étaient partis vers des contrées plus chaudes, les autres restaient terrés au chaud.

Les deux jeunes filles étaient occupées à débattre d’un article paru le jour-même dans la gazette du sorcier quand la porte de l’infirmerie s’ouvrit à la volée, découvrant un Rogue plus blanc qu’à l’ordinaire. Ses yeux cernés avaient gardés ce même regard froid et pénétrant, mais il semblait plus facile de le regarder aujourd’hui. Luna lui offrit un sourire tout en s'excusant et en quittant la pièce. Rogue et Larentia se toisèrent un moment. Leurs yeux noirs s’offrirent en miroir, tandis que, lentement et avec précaution, il s’approcha d’elle. Elle se sentit frissonner, malgré la chaleur constante de l’infirmerie. En cet instant, elle pouvait comprendre pourquoi certains élèves –à vrai dire, la majorité d’entre eux— le craignaient. Mais il semblait vouloir lui parler. Elle attendit donc en silence. Puis soudain, aussi brusquement qu’il était venu, il tourna les talons et repartit. Elle resta seule, dans la pièce fraîchissant, interloquée, abasourdie, un noeud dans l’estomac. Alors, pour la première fois depuis l’incident, et à vrai dire pour la première fois depuis de nombreuse année, elle sentit une larme rouler le long de sa joue. Rageusement, elle l’essuya et n’en toléra aucune autre.

Le surlendemain, Mme Pomfresh l’autorisa à quitter l’infirmerie. Elle se rendit à ses premiers cours depuis l’incident. L’esprit ailleurs, elle se laissa guider par les autres élèves vers la salle de cours. L’odeur était familière. La poussière. L’humidité. Elle leva les yeux et se retrouva face à Rogue. Il n’était qu’à une dizaine de centimètres d’elle, elle avait continué sur sa lancée sans penser à s’arrêter, sans même voir qu’il était là. Elle avait stoppé net, les sourcils relevés dans un point d’interrogation parfait. Habituellement, elle sentait sa présence même sans le voir, et voilà que maintenant, elle ne s’en rendait même plus compte alors qu’elle était — son pouls s’accéléra— presque contre lui. Elle baissa les yeux, passa devant lui et entra en classe.

Il fut aussi froid et sévère –sinon plus— que d’habitude. Son cours se passa dans un climat glacé qu’elle ne connaissait pas. En général, il alternait froide autorité et mesquineries, mais ce jour, il semblait dépourvu de tout humour. Seules quelques piques bien grinçantes sortirent du lot, visant en particulier –et comme toujours— les élèves de Gryffondor. Il n’adressa pas un mot à la jeune fille déboussolée, n’alla même pas vérifier le contenu de son chaudron, prenant un soin particulier à se détourner de son regard. A la fin du cours, il fallait admettre qu’il s’attendait à ce qu’elle sorte la première, tête basse, mine déconfite. Aussi, quand il releva les yeux de ses notes, persuadé que la classe était vide, il fut stupéfait de la voir là, assise à son banc, ses cours encore éparpillés devant elle. Son regard était dur, assuré. Mais ne voyait-il pas dans le fond de ses yeux cette lueur vacillante, incertaine ?

— Que voulez-vous, Miss Sedna ?

Son ton à lui se voulu dur, plus dur qu’elle. Il ne lui accorda d’ailleurs pas un regard de plus, se replongeant dans la correction de ses copies. Elle se leva enfin, délicatement. Elle semblait fragile et affaiblie. Elle marcha droit sur lui et ne s’arrêta qu’une fois devant lui. Il leva les yeux, mais évita de la regarder elle.

— Je pense vous avoir posé une question.... Que voulez-vous ?
— Ce que je veux ?
Elle eut un hoquet de rage. Ce que je veux ? Si vous ouvriez les yeux, vous le sauriez depuis longtemps. Mais fermer les yeux ici semble être le nouveau mot d’ordre. Ce que je veux...

Sa voix chavira légèrement. Elle sentait une boule monter dans sa gorge et livrait bataille pour la faire redescendre. Ne pas pleurer. Pas maintenant. Pas devant lui. Elle était venue lui dire qu’il était injuste. Qu’il la traitait comme un enfant. Qu’il ne pouvait pas l’ignorer après ce qu’elle avait fait. Qu’il l’avait rendue encore plus lamentable après l’avoir laissée dans sa douleur à l’infirmerie. Oui, elle voulait le lui dire. Mais aucun mot de franchit le seuil de ses lèvres. Même pas un son. Elle prit ses affaires, les rassembla avec courage, et s’apprêta à sortir de la classe. Elle allait passer la porte quand le professeur l’arrêta à nouveau.

— Miss Sedna, si vous savez perturber vos professeurs inutilement, je vous suggère de venir accompagner Potter en retenue samedi matin, dit-il de sa voix doucereuse.


Quelque chose en elle céda, elle sentit son coeur se serrer. Sa tête bourdonnait comme si elle allait exploser. Aussi incroyable que ça puisse paraître, une image lui revint en mémoire : elle et sa mère sur la terrasse, à prendre le soleil, elle petite fille de neuf ans, heureuse, riant. Pourquoi pensez à ça ? Elle sentit ses jambes trembler violement. Ses mains aussi. Son ventre se noua. Avec un gémissement, elle lâcha son sac et ses livres et se retrouva a genoux sur le sol froid et sâle du cachot. Des larmes –était-ce vraiment de la tristesse ? Ou de la colère ? Ou les deux ?— roulèrent sur ses joues encore trop blanches. Elle cacha son visage dans ses mains, maculant sa peau de poussière. Rogue la regarda comme s’il la voyait pour la première fois. Elle était forte, elle l’avait prouvé. Pourquoi ne pas oublier cet incident et retourner à la vie normale ? Il resta là un moment, sans savoir quoi faire, ne pouvant cependant supporter plus longtemps les sanglots de la jeune fille. Il se leva très lentement, comme si ce simple fait pouvait lui donner le temps de se redresser et de partir. Il s’avança vers elle et la prit par le bras pour la relever.

— Miss Sedna... Son ton était doucereux mais il semblait tâtonnant. Si vous n’êtes pas bien, il ne faut pas revenir en cours. Après ce que vous avez du enduré...

Elle était debout, se tenant en équilibre sur le coin d’un banc. Elle leva vers lui son visage baigné de larmes. Ses yeux reflétaient quelque chose, mais quoi ? Rogue hésita. Il lâcha son bras, supposant qu’elle pouvait se tenir debout seule.

— Professeur... Sa voix se brisa. Severus...

Dans un geste qui lui était propre, elle glissa un regard de côté, un regard presque coupable, presque (Mais non, qu’est ce que tu penses là !) amoureux. Elle se tordait les mains comme un gosse, puis prononça encore un mot.

— Noël.

Elle se dirigea tant bien que mal vers la porte et disparut de suite dans le couloir sombre. Rogue, les yeux écarquillés, la bouche entr’ouverte, l’avait regardé partir. Noël ? Ce geste – les mains tordues -, ce regard de biais. Noël. Ce n’était pas possible. Pas elle.

Flash. Le bal de Noël de sa dernière année à Poudlard. Flash. Une petite de première qui s’approche, lui qui a le nez dans ses bouquins depuis le début de la soirée, lui qui n’aspire qu’une chose : que personne ne le remarque, éviter Potter et Black. Flash. La jeune fille sourit. Elle semble hésitante. Tu voudrais danser avec moi ? Elle se tord les mains d’une manière enfantine. C’est adorable. Flash. Son regard de biais, légèrement timide le fait se décider. Il accepte. Flash. Ils dansent l’un contre l’autre. Trop serrés pour ce que veut la tradition. Il sent son parfum, un mélange de vanille et d’acccia. Flash. Elle relève les yeux vers lui, de beaux yeux noirs, perçants. Il se dit qu’elle devrait étudier la magie noire. Elle semble forte, elle est belle. Flash. La chanson se termine. Il ne sait pas son nom. Il n’a pas osé demander. C’est la première fois qu’une fille s’intéresse à lui, du moins suffisamment pour l’inviter à danser. Flash. La chanson est finie. La jeune fille sourit. Elle n’est pas beaucoup plus petite que lui. Elle s’étire sur la pointe des pieds et ses lèvres frôlent les siennes. Son premier baiser. Une fille qu’il ne connaît pas. L’odeur de vanille. Le goût de vanille aussi. Elle s’écarte, lui sourit à nouveau. Flash. La jeune fille s’éloigne, seule son odeur flotte encore dans l’air. Elle passe la porte. Il ne la reverra plus.

Rogue s’assit lentement à son bureau. Il laissa tomber sa tête dans ses mains...

— C’était donc toi...
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   Mar 18 Nov - 23:51

La suite intéresse quelqu'un?
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MessageSujet: Re: L'aube viendra, comme tous les matins   

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